En choisissant de diffuser un reportage contre l’Algérie dans un contexte diplomatique déjà fragile, la chaîne publique ne fait rien d’autre qu’alimenter une propagande médiatique contre un pays souverain, tout en négligeant les véritables enjeux qui mériteraient l’attention des médias français.
Le reportage diffusé par la chaîne France 2 dans l’émission «Complément d’enquête», jeudi soir, intitulé «Rumeurs et coups bas, la guerre secrète entre la France et l’Algérie», a, une fois de plus, choisi de s’attaquer à l’Algérie en diffusant des accusations gravissimes et sans fondement à l’encontre de ses services de renseignement. En choisissant de diffuser un tel programme, la chaîne de télévision ne fait rien d’autre qu’alimenter une propagande médiatique contre un pays souverain, tout en négligeant les véritables enjeux qui mériteraient l’attention des médias français, notamment dans le contexte d’une politique internationale de plus en plus perturbée par des figures comme Donald Trump.
Ce type de reportage, qui semble privilégier l’escalade de la tension plutôt que la recherche d’une vérité factuelle, est non seulement irresponsable, mais va à l’encontre des principes du journalisme, qui doivent toujours se fonder sur l’exactitude, l’équilibre et la nuance. Le reportage évoque une prétendue «guerre secrète» entre la France et l’Algérie, et rapporte des accusations graves sans fournir de preuves tangibles. L’Algérie, un pays avec lequel la France a des relations historiques complexes, mérite un traitement médiatique plus respectueux et plus juste.
L’attaque contre l’Algérie se construit autour d’un simple fait : une conseillère municipale franco-algérienne aurait été «pressée» par des agents algériens dans un consulat à Paris pour modifier une plaque de rue en l’honneur du défunt Lounès Matoub, un artiste kabyle. Ce genre de procès médiatique à charge, qui s’attaque à des actions isolées et hors de leur contexte, est plus proche de la manipulation que de l’enquête sérieuse. Le fait qu’on assimile ce type d’incident à une «guerre secrète» est une simplification exagérée, si ce n’est une distorsion délibérée de la réalité.
Détourner l’attention des vrais problèmes
Il est d’autant plus regrettable que pendant que les médias français choisissent de se focaliser sur de telles accusations, ils détournent l’attention des véritables enjeux internationaux auxquels ils devraient faire face, notamment la gestion des humiliations publiques de la part des États-Unis sous la présidence de Donald Trump. Au lieu de s’attaquer à des pays comme l’Algérie, dont la stabilité régionale et les enjeux économiques sont cruciaux, les médias français auraient mieux fait de mettre l’accent sur les crises mondiales réelles, telles que les positions erratiques et les déclarations erronées du président américain.
Ce genre de reportage pourrait avoir des conséquences dévastatrices sur les relations déjà fragiles entre la France et l’Algérie. En effet, au moment où des initiatives diplomatiques sont en cours pour rétablir des liens plus équilibrés, une telle émission ne fait que raviver les tensions et compromettre les efforts des deux pays pour avancer ensemble. La visite de Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur français, qui devait symboliser un pas vers une détente et une coopération renouvelée, risque de ne jamais voir le jour, ou d’arriver dans un climat de méfiance plus grande encore, à cause de ce genre de journalistes qui, au lieu de promouvoir la paix, s’acharnent à maintenir un climat de guerre froide.
Une guerre médiatique
L’Algérie, acteur clé en Afrique du Nord, est un pays souverain qui a toute légitimité à défendre ses intérêts et à protéger son image. Critiquer l’Algérie sur des bases fragiles et alimentées par des rumeurs est non seulement injuste, mais traduit une méconnaissance crasse de la réalité politique et diplomatique du pays. Il est évident que l’Algérie a un rôle central dans la stabilisation de la région, notamment dans la lutte contre le terrorisme et la gestion des migrations, et il serait plus judicieux pour la France de soutenir cet engagement au lieu de chercher à attaquer sans raison un partenaire stratégique dans un contexte international de plus en plus incertain.
Ce genre de médiatisation n’aide en rien à résoudre les conflits ni à apaiser les tensions. Il est évident que l’objectif de ce reportage n’est pas la recherche de la vérité, mais la continuation d’une vieille guerre médiatique qui n’a que peu de fondement. En effet, la France ferait mieux de se concentrer sur les défis qui touchent ses relations avec de nombreux pays, y compris ses propres alliés, au lieu de se livrer à des attaques infondées contre un pays qui demeure un partenaire essentiel dans la région.
En somme, ce reportage ne fait qu’accentuer les fissures dans les relations déjà difficiles entre la France et l’Algérie, et s’inscrit dans une logique médiatique déconnectée des véritables enjeux géopolitiques. Au lieu de nourrir un climat de méfiance et de désinformation, il serait grand temps de promouvoir des échanges honnêtes et respectueux entre les nations. Ce n’est qu’alors que des solutions concrètes pourront être trouvées pour résoudre les défis diplomatiques et sécuritaires qui existent dans la région.
A. Mekhennef
