Le président de la République veille avec le plus grand soin au respect des délais convenus et s’assure personnellement de leur mise en œuvre.
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a souligné, jeudi, dans la wilaya de Tissemsilt, que la relance de l’ensemble des projets confisqués en vertu de décisions de justice dans le cadre de la lutte contre la corruption progressait de manière régulière et discrète.
Le Premier ministre a indiqué que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, suivait avec une attention particulière ce processus et s’assurait personnellement du respect des délais fixés pour tous les projets saisis dans le cadre de la lutte contre la corruption et en vertu de décisions judiciaires.
Dans une déclaration à la presse à l’issue de l’inauguration d’une unité de production de composants et d’accessoires plastiques pour automobiles, relevant du Holding AlgeriaChemicalSpecialities (ACS), SifiGhrieb a annoncé «la relance prochaine de plusieurs de ces projets industriels dans nombre de wilayas».
«Il y a des projets dont nous ne souhaitons pas parler pour l’instant, mais restez à l’écoute», a-t-il affirmé, précisant que «dans les prochains temps, nous présenterons d’autres projets dans le cadre de la lutte contre la corruption, qui apporteront une valeur ajoutée et permettront de réduire concrètement la facture des importations».
Le gouvernement accélère ainsi la remise en service de ces unités de production à travers plusieurs wilayas, avec pour objectif de soutenir l’intégration nationale et de réduire les importations de différents intrants.
Parmi les principales étapes franchies récemment, figurent la mise en service, le 5 août à Réghaïa, d’une usine de plaquettes de frein et de leurs accessoires, relancée en moins de deux mois, ainsi que l’inauguration, le 29 avril à Batna, d’une unité d’assemblage de chambres frigorifiques pour camions. À ces réalisations, s’ajoute désormais l’unité de production de composants et d’accessoires plastiques pour automobiles de Tissemsilt.
Nouveau jalon pour l’industrie nationale
Inaugurée jeudi par le Premier ministre, l’usine de Tissemsilt a été récupérée du groupe Cima Motors après sa saisie dans le cadre des enquêtes sur la grande corruption.
D’une capacité de production de 251.000 pièces par an, elle pourra équiper près de 200.000 véhicules, avec un taux d’intégration de 40% dans une première phase. L’objectif est de porter ce taux à 70% à terme.
D’un coût de réalisation estimé à 5 milliards de DA, cette unité produira une large gamme de composants destinés à différentes filières industrielles, notamment l’électroménager, l’industrie des câbles, les réfrigérateurs, les climatiseurs, les équipements et dispositifs médicaux, les matériaux d’emballage et de conditionnement, les outils et articles ménagers, les produits cosmétiques, les lunettes, les articles en plastique, les composants de drones ainsi que les panneaux de signalisation routière.
Saluant les efforts ayant permis la relance de cette unité en moins de cinq mois, le Premier ministre a souligné que cette réalisation constituait «un point de départ».
Renforcer la production locale
Sifi Ghrieb a souligné que la mise en service de cette unité contribuera à renforcer l’écosystème de l’industrie automobile, à élargir la base des fabricants locaux de composants, à accroître les capacités de production et à renforcer l’intégration des entreprises industrielles nationales dans les chaînes de production et d’approvisionnement.
Cette dynamique doit, selon lui, favoriser l’émergence d’une industrie mécanique nationale davantage intégrée.
Dans ce contexte, le Premier ministre a présenté cette unité comme l’un des éléments d’une base industrielle moderne et durable, capable de fournir des composants locaux répondant aux besoins du marché national, tout en contribuant à la diversification de l’économie et au renforcement de la production nationale.
Réduire les importations
Pour Sifi Ghrieb, «toutes les pièces utilisées dans l’industrie automobile sont fabriquées ici». Le Premier ministre a, à ce titre, insisté sur la nécessité de mettre fin, d’ici au 31 décembre prochain, à l’importation des pièces en plastique destinées à la fabrication et à l’assemblage des véhicules.
Il a appelé les concessionnaires et les fabricants agréés à privilégier leur production locale afin d’accroître le taux d’intégration dans l’économie nationale.
«D’ici à la fin de l’année, tous les constructeurs automobiles agréés qui fabriquent en Algérie doivent fabriquer dans cette usine leurs pièces plastiques qui sont actuellement importées. Les moules de ces pièces doivent être dans cette usine d’ici à la fin de l’année», a-t-il affirmé.
La même démarche doit être engagée pour les éléments de carrosserie produits à Batna, où une usine d’emboutissage a été lancée en avril dernier.
Le Premier ministre a enfin appelé la société GTI et l’ensemble des fabricants agréés à élaborer un cahier des charges clair et à engager immédiatement le transfert des moules de fabrication ainsi que la localisation de leur production.
S. Smati
