Le consultant international en développement économique, numérique, énergie et promotion des investissements, Abderrahmane Hadef, a publié, hier, une analyse sur sa page officielle Facebook, soulignant la nécessité pour l’Algérie d’adopter un nouveau paradigme économique. Ce changement structurel repose sur une vision stratégique claire, la cohérence des politiques publiques et une exécution rigoureuse pour impulser une transformation économique profonde et durable.
Selon Hadef, l’objectif est de faire évoluer l’économie algérienne d’un modèle dépendant largement de la rente vers un modèle créateur de valeur et de richesses, capable de s’intégrer aux chaînes de valeur mondiales. Cette transformation s’appuie sur trois piliers essentiels : une vision stratégique claire, une synergie efficace entre les politiques sectorielles, et une mise en œuvre intelligente.
L’agriculture est un secteur clé. Elle doit évoluer vers un modèle plus productif et compétitif pour représenter au moins 20% du PIB. Cette évolution passera par une meilleure gestion des ressources hydriques, le recours à l’innovation agritech, ainsi que par l’industrialisation des filières agroalimentaires. Hadef insiste particulièrement sur les filières des céréales, de la poudre de lait et de la viande rouge, qui doivent être modernisées pour réduire la dépendance aux importations.
L’industrie est également cruciale, avec un objectif de 15% du PIB. Il s’agit de renforcer une base manufacturière solide, compétitive et intégrée aux marchés régionaux et internationaux. Parmi les secteurs prioritaires figurent la filière électrique et électronique, la transformation des produits miniers comme la sidérurgie et les engrais, ainsi que les matériaux de construction.
Un troisième pilier important concerne les énergies renouvelables, avec une approche combinant solaire et hydrogène vert. Hadef appelle à la création d’un véritable écosystème énergétique autour des compagnies énergétiques nationales, qui maîtriseraient la chaîne de valeur de la fabrication des composants jusqu’à l’ingénierie et la formation.
Enfin, l’économie numérique doit devenir un moteur de croissance et d’inclusion, avec pour ambition d’atteindre 10% du PIB. Cela passera par le développement des startups, du e-commerce, la digitalisation des services, ainsi que par le renforcement des infrastructures technologiques et des compétences, notamment dans les secteurs de la data et de la fintech.
Hadef souligne que pour atteindre un taux de croissance supérieur à 7%, une mobilisation continue, une capacité d’adaptation aux mutations économiques mondiales et une approche pragmatique sont indispensables. L’intelligence économique, l’innovation et l’efficacité opérationnelle seront les leviers permettant à l’Algérie de réussir sa transition vers une économie émergente, compétitive et durable.
R.N.