Le ministre de l’Education nationale a rappelé que les lacunes identifiées dans le décret 25-54 concernaient le corps des personnels des services économiques, mais également d’autres corps spécifiques du secteur.
Le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saadaoui, a présidé jeudi, au siège du ministère l’ouverture d’une séance de travail avec les représentants des organisations syndicales. L’objectif principal était la présentation du projet préliminaire de décret exécutif visant à modifier et compléter le décret n° 25-54 relatif au statut particulier des fonctionnaires des corps de l’Éducation nationale, en particulier les intendants.
Dans son allocution, le ministre a rappelé que les lacunes identifiées dans le décret 25-54 concernaient surtout le corps des personnels des services économiques, mais également d’autres corps du secteur, selon les observations des syndicats. Il a insisté sur le fait que la commission sectorielle chargée du dossier a travaillé de manière continue pour élaborer des propositions fondées sur les références légales et réglementaires, tout en respectant les principes de justice et d’équité entre les différentes catégories de personnel. L’un des objectifs centraux est d’atteindre un consensus avec les syndicats pour parvenir à un accord général sur les réformes proposées.
Parallèlement à ce chantier juridique, le ministre a exposé plusieurs mesures importantes déjà engagées pour le développement du secteur. La tenue d’une colloque national des inspecteurs est annoncée les 20 et 21 décembre 2025 à Constantine, portant sur le rôle de l’inspection dans l’amélioration de la performance des établissements scolaires. Les syndicats ont été invités à participer à cette rencontre pédagogique, qui constitue un espace privilégié de dialogue et d’échange d’expériences.
En matière de financement, le budget du secteur pour 2026 a été augmenté de 8,2 %, afin de renforcer la capacité d’investissement dans les infrastructures scolaires et répondre aux pressions dans certaines régions. Le ministre a souligné que le secteur accueille chaque année plus d’un million de nouveaux élèves en première année primaire, ce qui rend nécessaire l’extension constante des structures éducatives pour garantir une qualité d’enseignement et un environnement favorable à l’apprentissage.
Le programme d’investissement pour 2025 a permis l’ouverture de 196 écoles primaires, 100 collèges et 60 lycées, tandis que le budget 2026 prévoit la construction de 260 écoles primaires, 177 collèges et 140 lycées, avec un soutien prioritaire aux wilayas confrontées à un fort afflux d’élèves. La coordination avec les ministères du Logement, de l’Aménagement du territoire, des Collectivités locales et des Transports vise à respecter les délais de réalisation.
Priorité aux diplômés des Écoles supérieures des enseignants
Concernant le recrutement des enseignants, le ministre a annoncé l’organisation prochaine d’un concours, en privilégiant les diplômés des Écoles supérieures des enseignants, considérés comme la solution optimale pour répondre aux besoins d’encadrement. Une coordination avec le ministère de l’Enseignement supérieur permettra d’étendre le réseau de ces écoles et d’assurer un recrutement conforme aux besoins réels du secteur.
Le ministre a également réaffirmé l’importance de l’éducation culturelle et sportive, en soutenant les concours scientifiques, les activités de robotique, les clubs éducatifs et les compétitions sportives, afin de développer les talents et promouvoir la compétition saine au sein des établissements.
Sur le plan de la gestion des écoles primaires, une commission sectorielle conjointe avec plusieurs ministères a été mise en place pour étudier les mécanismes d’amélioration et préparer le transfert progressif de certaines missions vers le ministère de l’Éducation nationale. Des mesures urgentes sont prévues pour renforcer les effectifs et les cantines scolaires.
Enfin, le ministre a rappelé l’importance d’une réforme cohérente des programmes scolaires et de l’organisation de l’enseignement, avec des ajustements progressifs pour l’année scolaire en cours et une mise en œuvre complète dès la rentrée suivante. Il a conclu en soulignant que la protection et la promotion du système éducatif, ainsi que le respect strict des cadres légaux et syndicaux, constituent des priorités absolues.
Cette démarche traduit la volonté du ministère d’instaurer une réforme équilibrée et concertée, conciliant justice sociale, efficacité administrative et qualité pédagogique, tout en plaçant le dialogue syndical au cœur de la décision publique.
K. Z.
