Le Bureau du Conseil de la Nation, présidé par Azouz Nasri, a réagi, hier, par un communiqué ferme et indigné à une nouvelle provocation émanant de certains membres du Sénat français. Sans citer explicitement la récente rencontre entre un sénateur français et Ferhat Mehenni, président du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), le communiqué fait clairement référence à cette initiative controversée, dénonçant la tenue d’une réception en l’honneur d’un individu à la tête d’une organisation classée comme terroriste par l’Algérie.
Cette réception, qui s’est tenue le 28 mai à Paris, a suscité une vive réaction du côté algérien. Le Conseil de la Nation évoque dans son texte une «provocation délibérée et renouvelée» de certains sénateurs, en particulier ceux issus de l’extrême-droite française, accusés d’alimenter les tensions entre Alger et Paris. Ces parlementaires, qualifiés de «véritables sources de problèmes dans les relations algéro-françaises», sont pointés du doigt pour leur attitude jugée irresponsable et hostile.
Le communiqué fustige les «dérives» répétées de ces élus, qui n’hésitent pas à offrir une tribune à des figures liées à des mouvements séparatistes, en méconnaissance totale des conséquences politiques et diplomatiques. Le Conseil de la Nation condamne ce qui est perçu comme un geste de soutien déguisé à une entreprise attentatoire à l’unité nationale algérienne, en violation du principe de non-ingérence et du respect de la souveraineté des États.
Tout en évitant de mentionner directement Ferhat Mehenni, le texte dénonce l’accueil réservé à des individus «appartenant à une organisation classée comme terroriste», et accuse leurs hôtes français de faire preuve d’«une trahison sans scrupule». Ce soutien, poursuit le communiqué, compromet gravement les efforts de dialogue entre les deux pays et constitue une entrave majeure à toute amélioration durable des relations bilatérales. Le silence officiel sur l’identité du visiteur n’enlève rien à la clarté du message de la haute chambre du Parlement, qui interprète l’événement comme un acte inamical dirigé contre l’État et le peuple algériens.
Le Bureau du Conseil de la Nation insiste sur la position constante de l’Algérie face aux tentatives d’ingérence. Il rappelle que l’Algérie indépendante, guidée par le président Abdelmadjid Tebboune, ne transige pas sur les principes de souveraineté, d’unité et de non-ingérence. Le pays, engagé sur la voie de la démocratie participative et de la construction d’un État de droit, rejette toute tentative extérieure visant à déstabiliser ses fondements.
Dans un ton ferme, le Conseil affirme que «l’Algérie est forte, solidaire et résiliente», et que ses composantes sociales et institutionnelles forment un tout uni, prêt à réagir à toute menace ou provocation, aussi subtile soit-elle. Il met en garde contre l’usage abusif du discours sur les droits de l’homme ou les libertés, souvent utilisé selon lui comme paravent à des intentions politiques inavouées. L’Algérie, ajoute le texte, ne tolérera aucune forme d’ingérence, qu’elle soit frontale ou dissimulée sous des prétextes moralisateurs.
Le texte interpelle également les autorités françaises, en les tenant pour responsables de tout incident susceptible d’aggraver la détérioration des relations entre les deux États. Il appelle à la raison ceux qui, selon le Conseil, poursuivent un agenda idéologique déconnecté des réalités, nourrissant l’illusion d’un affaiblissement possible de l’Algérie par des actions isolées. L’Histoire récente a pourtant démontré que les Algériens, dans leur majorité, se rassemblent dans l’adversité et défendent farouchement leur souveraineté nationale.
À travers ce communiqué, l’institution sénatoriale algérienne adresse un avertissement clair : toute initiative visant à légitimer ou soutenir des entités ou des individus hostiles à l’unité du pays sera interprétée comme une atteinte directe à la souveraineté nationale. L’Algérie, conclut le texte, n’acceptera jamais que son destin soit l’objet de calculs extérieurs, ni que ses équilibres internes soient menacés sous couvert de principes détournés. Ce rappel de fermeté s’inscrit dans une ligne de continuité avec la politique étrangère algérienne, fondée sur la défense de ses intérêts fondamentaux, la solidarité nationale et le respect du droit international.
Assia M.
