«FRENCH POLICE ‘WON’T GO IN SEA’ TO STOP BOATS» : tel est le titre choc qu’affichait ce vendredi la Une du Daily Express.
Le quotidien britannique, connu pour son ton populiste et ses positions anti-immigration, accuse frontalement les forces françaises d’inaction face aux traversées de migrants vers l’Angleterre.
Selon l’article, les syndicats de police français estiment qu’il n’entre pas dans leurs missions d’«aller dans l’eau» pour intercepter les embarcations de fortune. «Les agents manquent d’équipements adaptés et n’ont reçu aucun ordre», rapporte le journal, citant Jean-Christophe Couvy, responsable du syndicat.
La Une qui humilie !
La formulation est brutale : réduire l’action de la police française à un refus de «se mouiller» — au sens propre comme au figuré — revient à pointer une forme de lâcheté. Le Daily Express fait de cette phrase un symbole de l’impuissance française et un motif d’indignation pour l’opinion publique britannique, excédée par l’augmentation des traversées.
En réalité, ce type de couverture traduit moins un constat opérationnel qu’une stratégie politique : Londres reproche à Paris de ne pas en faire assez, tandis que la France rappelle régulièrement qu’elle intercepte déjà des milliers de migrants avant leur départ et qu’elle agit dans un cadre légal strict, qui interdit d’intervenir dans les eaux britanniques.
Cette Une, largement relayée, illustre la guerre médiatique autour de la Manche. Elle fait honte aux forces françaises, présentées comme des spectateurs impassibles, alors qu’elles sont quotidiennement mobilisées sur les plages du nord. Mais elle sert aussi une rhétorique : celle d’un Royaume-Uni qui, après le Brexit, cherche à rejeter sur son voisin français la responsabilité d’une crise migratoire devenue structurelle.
Rédaction de Crésus
