Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste a tenu cette déclaration le lundi dernier, lors d’une intervention sur BFMTV, alors qu’elle était invitée à s’exprimer sur les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie. «Tous les pays méditerranéens s’entendent avec l’Algérie sauf la France», observe Ségolène Royal.
Ségolène Royal a refusé le débat en qualifiant l’approche de l’eurodéputée Reconquête! Sarah Knafo d’«algérophobe». Elle parle d’« algérophobie», d’extrême droite française obnubilée par l’Algérie, de nostalgie néocoloniale, de pieds noirs sur le retour ou gouvernant la France, de sites nucléaires, de mémoire et, à toute occasion. Les éléments reviennent, surtout «rente mémorielle», expression qu’elle répète honnir.
La présidente de l’association France-Algérie, a rappelé qu’il était dans l’intérêt de la France de commercer avec l’Algérie, citant l’exemple de l’Allemagne qui signe des accords énergétiques avec Alger. Sarah Knafo avait estimé qu’«il faut divorcer pour de bon avec l’Algérie» et affirmé ensuite que les relations franco-algériennes «coûtaient plus de 9 milliards d’euros par an aux finances publiques françaises et réclamé dans la foulée l’arrêt de l’aide au développement et la suspension de la délivrance des visas.
L’ancienne ministre a annoncé que la France s’enferme dans une posture qu’elle juge relever d’une «pulsion néocoloniale toxique» et appelle à s’entendre «avec tous nos voisins, dont l’Algérie. Moi je veux retrouver une France heureuse», a-t-elle ajouté. Ségolène Royal a évoqué les tensions récurrentes et l’état des relations entre Paris et Alger, estimant que la France «s’isolait par rapport aux autres partenaires méditerranéens dans sa gestion des relations avec l’Algérie».
Ségolène Royal a également recadré Sarah Knafo concernant la politique étrangère et le déclin des positions économiques de la France sur le marché algérien par rapport aux autres pays méditerranéens
L’Algérie porte plainte contre Sarah Knafo
L’eurodéputée « Reconquête !» a déclaré à plusieurs reprises que la France avait versé 800 millions d’euros d’aide au développement à l’Algérie. L’Etat algérien entendait la poursuivre devant les tribunaux français pour «fake news», à la suite de ses propos sur l’aide au développement versée par la France à l’Algérie.
À plusieurs reprises en effet, Knafo a déclaré lors de ses interventions médiatiques au sujet de la politique migratoire française que l’argent versé par la France à l’Algérie au titre de sa politique d’aide au développement, devrait servir de «moyen de pression» pour convaincre l’Algérie de coopérer davantage en matière de contrôle des flux migratoires.
«Quand vous vous dites qu’aujourd’hui, on donne 800 millions d’euros à l’Algérie tous les ans, l’Algérie qui refuse de reprendre ses clandestins, comment peut-on continuer à faire ça ?» s’était notamment interrogée Sarah Knafo. En réalité, elle a reconnu depuis «une maladresse de formulation», expliquant auprès du Figaro qu’elle voulait parler de «800 millions d’euros en cinq ans», un chiffre en effet conforme à celui indiqué par Challenge par exemple, et issu des données de l’Agence française de développement : entre 2017 et 2022, le montant de l’aide française s’élève à 842 millions d’euros pour l’Algérie.
Sarah Knafo a repris à plusieurs reprises le chiffre de 800 millions d’euros d’aide au développement versée à l’Algérie, sans préciser sur combien d’années. Ségolène Royal estime que le dialogue entre Paris et Alger connaît une amélioration, notamment après le déplacement de Gérald Darmanin, mais que le lien reste fragile. Elle appelle la France à rompre avec les postures et les injonctions, en respectant l’Algérie comme un État souverain.
Selon elle, la reprise du dialogue repose sur cette méthode, ainsi que sur des gestes forts concernant la mémoire coloniale, les visas, les binationaux et les dossiers sensibles. Elle insiste enfin sur une réalité simple : « on a besoin les uns des autres ».
H. Adryen
