Au-delà de la dimension religieuse, cet événement serait un moment historique et médiatique, susceptible de placer l’Algérie au cœur de l’attention mondiale et de dynamiser le tourisme religieux.
Si pour l’instant aucune date n’a été arrêtée, on parle du premier semestre de l’année en cours, la prochaine visite du pape Léon XIV en Algérie, longtemps marginalisée dans les itinéraires du tourisme en général et le tourisme religieux, réapparaît aujourd’hui sous un jour nouveau. La visite prochaine en Algérie du pape Léon XIV sera la troisième du genre après celles effectuées en 1988 et 2013.
En 1988, alors jeune évêque, il avait un pèlerinage bouleversant à la basilique Saint-Augustin d’Annaba. Des témoins se souviennent encore de l’émotion intense qu’il avait ressentie en foulant la terre de ses ancêtres : une Algérie spirituelle, profonde, à la croisée des civilisations.
En 2013, lors du colloque international qui a eu lieu à Souk-Ahras sur saint Augustin, le saint homme s’est bel et bien rendu en Algérie en qualité de supérieur général des frères augustiniens. A ce propos, on peut aussi noter que dans la plaque commémorative de la restauration de la basilique Saint-Augustin d’Annaba, apposée le 19 octobre 2013 et consultable jusqu’à ce jour, le nom du pape Léon XIV, s’appelant encore à l’époque Robert Francis Prevost, y figure aux côtés de celui des autorités locales et Mgr Thomas Yeh, nonce apostolique.
En 2023, lorsqu’il a été ordonné cardinal-diacre de Santa-Monica, il a de nouveau rendu hommage à la ville de Souk-Ahras, qui fut le berceau de saint Augustin. Léon XIV a aussi rappelé avoir déjà séjourné en Afrique du Nord en tant que supérieur général de l’ordre des Augustiniens, expérience qui nourrit son désir de revenir sur les traces du théologien. Son élection marque un tournant historique : jamais un souverain pontife n’avait été issu d’une lignée algérienne.
Dès son premier discours depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre, Léon XIV a ému le monde entier par des mots simples et profonds : «Je suis le fils de saint Augustin. Je suis augustinien.» Un hommage vibrant à l’un des plus grands pères de l’Église, né à Thagaste, aujourd’hui Souk-Ahras et figure majeure de la pensée chrétienne. Léon XIV n’en est pas à son premier geste fort. En 1988, alors jeune évêque, il fait un pèlerinage bouleversant à la basilique Saint-Augustin d’Annaba.
Une élection particulière
Son élection marque un tournant historique : jamais un souverain pontife n’avait été issu d’une lignée algérienne. Dès son premier discours depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre, Léon XIV a ému le monde entier par des mots simples et profonds : Léon XIV n’en est pas à son premier geste fort. «Taghaste, aujourd’hui Souk-Ahras, cité des hauteurs numides, tu n’es pas une ville comme les autres : tu es une matrice spirituelle, une source d’éternité. De tes ruelles antiques sont sortis deux astres de la foi : sainte Monique, mère de prière et d’espérance, et saint Augustin, géant de l’esprit, père de l’âme chrétienne. Tu as donné à l’humanité ce que l’Afrique a de plus pur : un cœur fidèle, une intelligence brûlante, une foi forgée dans les larmes (…) Thagaste, mémoire vive, racine profonde, le monde chrétien te doit une part de son âme. Gloire à toi ville algérienne qui a donné aux cieux deux de ses plus belles étoiles.» «Né le 14 septembre 1955 à Chicago, il est le premier pape américain et de surcroît premier également à être élu de l’ordre de Saint-Augustin, et ce, depuis le XVe siècle», est-il mentionné dans le registre de la basilique
Saint-Augustin. Élu à la tête de l’Église universelle, Léon XIV, de son nom civil Francis Prévost, est né à Chicago en 1955, d’une famille algérienne ayant émigré aux États-Unis dans les années 1920.
Sur la terre de saint Augustin
Le pape Léon a précisé vouloir visiter les lieux liés à saint Augustin, figure majeure du christianisme et père de l’Église latine, soulignant que la pensée augustinienne constitue un appui pour le dialogue entre traditions religieuses et la construction de ponts entre chrétiens et musulmans.
Autrement dit, le pape ira à Annaba, où a vécu et est mort à saint Augustin. Une première dans l’histoire du Vatican : un pape d’origine algérienne et un cardinal nommé en Algérie. Une visite papale dans son pays d’origine serait un geste fort, empreint de paix, de réconciliation et de spiritualité.
Mais c’est aussi un événement mondial où toutes les télévisions du monde entier seront présentes en force. Les yeux du monde entier seront braqués ce jour-là sur l’Algérie. Pour de nombreux Algériens, cette reconnaissance résonne comme une réhabilitation symbolique à fort enjeu stratégique pour le tourisme religieux.
H. Adryen
