Le procureur général près la Cour d’appel d’Alger a requis, hier, une peine de dix ans de prison ferme assortie d’une amende d’un million de dinars avec la saisie de toutes les pièces matérielles rassemblées au cours de l’enquête judiciaire.
Par Redouane Hannachi
Le procureur général a dans son réquisitoire affirmé que toutes les preuves légales et matérielles relatives aux chefs d’inculpation retenus par le juge d’instruction sont réunies notamment en ce qui concerne le contact direct du mis en cause avec des personnalités sionistes comme le prouve d’ailleurs le visa qui lui a été accordé par le les autorités dirigées par le sanguinaire et tortionnaire Benyamin Netanyahou. Le procureur général a par ailleurs indiqué que le mis en cause s’est rendu en Israël et a pris des photos avec des personnalités israéliennes. Interrogé par rapport à la visite qu’il y a effectuée, sans hésitation aucune, il a répondu : «Je me suis rendu en Israël. Cela relève de mes droits civils et civiques. Une fois arrivé, j’ai rencontré des amis et copains. J’entretiens de bonnes relations avec les Israéliens. C’est mon droit le plus absolu de visiter le pays qui me plait ! Je n’ai de comptes à rendre à quiconque !». En effet, les magistrats de la 10e chambre pénale sont restés bouche-bée par rapport au sang froid et à la rigidité avec lesquels, le locataire de la prison d’El Harrach répondait aux questions posées. Ce dernier a tenté de convaincre les juges chargés du dossier qu’il s’est rendu en Israël pour une «mission littéraire et pas politique». Mais il a perdu son sang froid lorsque la présidente lui a fait savoir que la recherche électronique effectuée sur son portable, a déterminé qu’il a contacté des personnalités du département du bourreau Netanyahou à maintes reprises .
L’inculpé avait été condamné pour rappel, lors de son premier procès par le président de la section de la lutte contre les crimes et la cybercriminalité du tribunal de Dar El Beida le 13 mars dernier à 5 ans de prison ferme assortis d’un million de dinars d’amendes. Il avait été reconnu coupable notamment d’atteinte à l’intégrité du territoire et d’«intelligence avec des parties étrangères». Après examen de son dossier par le président du tribunal de Dar El Beida, il avait été accusé également d’être responsable d’avoir, par le passé, transmis à l’ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt des informations et des renseignements sensibles à caractère sécuritaire et économique sur l’Algérie. Pour rappel, le 20 mars 2025, le procureur de la République près le tribunal de Dar El Beida a requis une peine de 10 ans de prison et une amende d’un million de dinars (environ 6 887 euros) car il avait estimé au cours de son réquisitoire que toutes les preuves légales et matérielles relatives à l’inculpation sont formelles notamment en ce qui concerne l’intention d’informer un pays étranger de tout ce qui se passe au pays. Lors des débats, Boualem Sansal avait reconnu presque tous les faits, mais il avait par contre contesté la qualification de la poursuite judiciaire retenue contre lui au cours de l’instruction judiciaire allant jusqu’à dire que les propos qui lui sont reprochés relèvent de la liberté d’expression. Cela inclut également les échanges retrouvés dans sa messagerie avec deux ambassadeurs de France en Algérie.
Il convient de signaler enfin que l’inculpé avait émis le vœu qu’il soit défendu par un avocat israélien, de surcroit l’avocat de Benyamin Netanyahou. L’inculpé a clamé haut et fort à la direction des magistrats qui ne l’entendaient nullement de cette oreille : « Ce que vous faites est un procès contre la littérature. Cela n’a pas de sens. La Constitution algérienne reconnaît la liberté d’expression»
R.H.