L’Algérie a consolidé sa deuxième place parmi les fournisseurs de gaz naturel pour l’Italie, avec des exportations dépassant les 17 milliards de mètres cubes (m³) au cours des dix premiers mois de l’année 2025. C’est ce qu’a annoncé récemment le ministère italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, qui a rendu publics ses derniers chiffres.
Selon ces données, l’Algérie continue de renforcer sa position en tant que fournisseur énergétique majeur et fiable pour l’Italie. Les exportations via le gazoduc Transmed ont atteint environ 17,047 milliards de m³ entre janvier et octobre 2025, dont 1,680 milliard de m³ en octobre uniquement, acheminé par le point d’entrée de MazaradelVallo, en Sicile.
Les autorités italiennes ont souligné que l’Algérie maintenait un approvisionnement stable et croissant, enregistrant même une hausse de sa part de marché dans le mix des importations gazières de l’Italie. Cela survient dans un contexte mondial de transformations géopolitiques et économiques majeures. Entre janvier et octobre 2025, l’Italie a importé un total de 51,107 milliards de m³ de gaz, dont une part importante provenait de l’Algérie. Ce gaz est acheminé via le gazoduc Transmed, qui relie le champ gazier de HassiR’mel, en Algérie, à la ville de MazaradelVallo, en Sicile, depuis 1983.
Actuellement, l’Algérie est le deuxième fournisseur de gaz naturel de l’Italie, derrière la Russie, et couvre environ 30 % des besoins du marché italien. Ce partenariat énergétique est devenu un pilier stratégique de la stabilité économique de l’Italie et de l’Europe. Parallèlement aux livraisons par gazoduc, les exportations algériennes de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Italie ont également progressé de manière notable, atteignant environ 850 000 tonnes au cours des neuf premiers mois de 2025, contre 598 000 tonnes à la même période en 2024, soit une augmentation de plus de 40 %.
Les deux pays travaillent actuellement sur des projets pour augmenter la capacité du gazoduc Transmed à 40 milliards de m³, tout en explorant des solutions pour l’adaptation des infrastructures afin de transporter de l’hydrogène vert, ce qui renforcera encore la coopération énergétique à long terme. Ces développements confirment le rôle central de l’Algérie en tant que fournisseur énergétique stratégique, capable de garantir des approvisionnements sûrs et continus, tout en contribuant à la sécurité énergétique italienne et européenne dans un contexte mondial instable.
Un accord sur l’hydrogène
Ces succès s’inscrivent dans le cadre de l’accord stratégique signé en 2022 entre l’Algérie et l’Italie, visant à augmenter les importations de gaz algérien jusqu’à 40 %. L’Union européenne considère désormais le gaz algérien comme une source prioritaire pour diversifier ses approvisionnements et renforcer sa sécurité énergétique. L’Italie, cherchant à sécuriser ses approvisionnements, s’appuie sur des accords bilatéraux avec l’Algérie pour répondre à cette demande.
De plus, des projets comme le gazoduc Galsi, ainsi que des investissements dans l’hydrogène vert, sont en discussion pour renforcer cette coopération énergétique. L’Italie et l’Algérie collaborent également dans d’autres secteurs, tels que le pétrole, la sidérurgie et la pétrochimie, avec des entreprises italiennes comme Eni investissant en Algérie. En réponse au projet H2Med, impliquant la France, l’Espagne, le Portugal, et possiblement l’Allemagne, l’Italie a conclu un accord avec l’Algérie.
En janvier 2025, un nouvel accord a été signé entre le groupe pétrolier ENI et Sonatrach, en présence de la Première ministre italienne, GiorgiaMeloni, qui a affirmé que « l’Algérie peut devenir un leader mondial de l’énergie, et l’Italie sera la porte d’entrée pour fournir cette énergie à l’Europe ». Cet accord prévoit la production et l’exportation d’hydrogène vert et bleu vers l’Europe. Un nouveau gazoduc entre les deux pays sera aménagé, avec une capacité de 8 à 10 milliards de m³ par an pour transporter du gaz, de l’ammoniac et de l’hydrogène. Ce projet, d’une longueur de 837 km, dont 565 km en offshore à travers la Méditerranée et 272 km à terre, devrait coûter 2,5 milliards de dollars.
Ce projet offre une belle opportunité pour l’Algérie, qui cherche à devenir un producteur majeur d’énergies alternatives, en particulier l’hydrogène vert, grâce à son abondant ensoleillement. Le pays a également conclu un partenariat avec l’Allemagne pour la fourniture d’hydrogène, à partir de 2030. Le 22 décembre dernier, un accord a été signé entre Sonatrach et la société allemande VNG pour livrer de l’hydrogène à l’Allemagne, tout en négociant la construction d’une usine d’hydrogène vert en Algérie, d’une capacité de production de 20 MW.
M.T.
