Face à la hausse des prix et aux dérèglements persistants du marché, l’Etat affiche sa détermination à protéger le pouvoir d’achat des citoyens.
Le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, a assuré que l’État interviendra avec fermeté contre la spéculation et les pratiques commerciales jugées abusives. À l’occasion de l’installation, lundi soir, du nouveau wali de Ksar El Boukhari, Saïd Sayoud, a adressé un message ferme aux différents intervenants du marché, alors que les consommateurs restent confrontés à des niveaux de prix élevés sur plusieurs produits de large consommation.
Le ministre a clairement averti que l’État compte agir contre les dérives qui alimentent la hausse des prix et perturbent le fonctionnement du marché. «La protection du pouvoir d’achat des Algériens est devenue une priorité des pouvoirs publics», a-t-il affirmé, assurant que l’État suivait de près l’évolution des prix et des approvisionnements.
«L’État est présent et avec la force nécessaire»
Face aux pratiques spéculatives et aux comportements considérés comme contraires à l’éthique commerciale, le ministre a voulu a tenu à rappeler que les pouvoirs publics ne resteraient pas en retrait.
«L’État est présent et avec la force nécessaire», a-t-il déclaré, soulignant ainsi la volonté des autorités d’intervenir à chaque fois que c’est nécesaire pour corriger les déséquilibres constatés sur le marché. Le message s’adresse notamment aux opérateurs qui profitent de certaines situations pour pratiquer des prix jugés excessifs. Saïd Sayoud a d’ailleurs dénoncé des comportements de «cupidité» qui, selon lui, ne correspondent pas aux règles élémentaires du commerce.
Le ministre a notamment cité le cas de la tomate, en lançant cette interpellation directe : «Celui qui aime les Algériens et l’Algérie ne vend pas la tomate à 200 DA au mois d’août. » L’objectif affiché n’est toutefois pas de pénaliser systématiquement les commerçants ou les agriculteurs.
Il s’agit selon lui, de parvenir à un équilibre entre la nécessité de garantir une marge bénéficiaire raisonnable aux opérateurs et celle de préserver la capacité du citoyen à acquérir les produits essentiels.
Cette approche traduit la volonté des pouvoirs publics de s’attaquer à la spéculation et aux pratiques qui contribuent à désorganiser le marché, après les différentes mesures prises ces dernières années pour améliorer l’approvisionnement et encadrer les prix.
Les facteurs conjoncturels pris en compte
Le ministre a également évoqué d’autres facteurs qui expliqueraient en partie les tensions actuelles sur le marché.
Dans la filière avicole, la hausse des prix est notamment liée aux pertes enregistrées à la suite des incendies ayant touché plusieurs régions de l’est du pays, ainsi qu’aux épisodes de fortes chaleurs. Selon Saïd Sayoud, cette situation devrait progressivement revenir à la normale, à mesure que les conditions de production et d’approvisionnement s’améliorent. Pour certains produits importés, d’autres contraintes interviennent.
Le ministre a notamment cité l’augmentation des coûts du transport maritime et la hausse des primes d’assurance appliquées aux marchandises et aux moyens de transport empruntant certaines voies maritimes sensibles. Ces facteurs extérieurs se répercutent directement sur le coût d’acheminement des produits vers le marché national. Mais si ces contraintes sont prises en considération, elles ne sauraient, justifier toutes les pratiques observées sur le marché, reconnaît Sayoud promettant le renforcement des interventions contre les comportements spéculatifs.
L’État assume les conséquences des crises
Saïd Sayoud a, par ailleurs, rappelé que les pouvoirs publics avaient pris en charge les conséquences des différentes crises naturelles ayant affecté les producteurs, faisant état de la mise en œuvre des décisions du président de la République relatives à l’indemnisation des personnes touchées, assurant que les opérations de compensation étaient en voie d’achèvement.
Cette prise en charge s’inscrit dans une politique visant à préserver la stabilité de l’activité économique et productive, particulièrement dans les secteurs directement liés à la sécurité et à l’approvisionnement alimentaires.
Une production agricole en hausse
Le ministre a également mis en avant les performances enregistrées par le secteur agricole. Il a évoqué une production agricole évaluée à 37 milliards de dollars en 2025, ainsi qu’une récolte de 42 millions de quintaux de blé.
Ces chiffres sont présentés comme un indicateur de la capacité du pays à renforcer sa production nationale et à réduire les tensions sur l’approvisionnement. Mais pour les pouvoirs publics, l’enjeu ne se limite pas à produire davantage : il consiste également à assurer que cette production parvienne au consommateur dans des conditions de prix acceptables.
D’où, l’appel de Sayoud aux commerçants et à l’ensemble des opérateurs à respecter l’éthique commerciale et à tenir compte des conditions sociales des citoyens. «La force réside dans l’union et la solidarité», a-t-il insisté.
L’avertissement du ministre intervient alors que la question des prix demeure au cœur des préoccupations des ménages et que les autorités cherchent à rétablir davantage de discipline sur un marché marqué, depuis plusieurs mois, par des tensions et des pratiques spéculatives.
S. M.
