Un texte jugé historique tant par son volume – plus de 136 milliards de dollars, le plus important de l’histoire du pays.
Après trois jours de débats intenses, l’Assemblée populaire nationale (APN) a conclu hier la discussion sur le projet de loi de finances (PLF) 2026, un texte jugé historique tant par son volume – plus de 136 milliards de dollars, le plus important de l’histoire du pays – que par sa philosophie axée sur la performance, la justice sociale et la diversification économique.
Durant les séances plénières, les députés ont multiplié les interventions, soulevant les attentes et les besoins des citoyens. Les préoccupations exprimées ont porté sur plusieurs secteurs vitaux : travaux publics, logement, ressources en eau, éducation, transport et santé.
Dans le domaine des infrastructures et des transports, les élus ont insisté sur la nécessité d’achever les routes à double voie reliant les zones de l’intérieur aux wilayas voisines, ainsi que sur l’ouverture de nouveaux accès à l’autoroute Est–Ouest. Ils ont également plaidé pour l’élargissement du réseau ferroviaire et le développement des transports urbains, à travers l’extension des lignes de tramway et de métro, ainsi que la création de nouvelles liaisons aériennes domestiques.
Les députés ont également appelé à revoir les conditions d’accès au logement social et à augmenter les quotas de logements, notamment dans le cadre du programme de logement rural. Plusieurs interventions ont porté sur la levée du gel des infrastructures sportives et la création de complexes de proximité destinés à la jeunesse, avec des budgets spécifiques pour la construction de piscines dans plusieurs wilayas.
Concernant le secteur de l’hydraulique, les parlementaires ont mis l’accent sur la nécessité d’assurer une double interconnexion entre les stations de dessalement et les régions de l’intérieur, afin de prévenir les pénuries d’eau, tout en appelant à la construction de nouvelles stations d’épuration.
Le débat a également mis en lumière des préoccupations liées à l’éducation et à la santé publique. Les élus ont plaidé pour la construction de nouveaux établissements scolaires afin de réduire la surcharge des classes et pour une révision des programmes pédagogiques afin d’encourager la créativité et l’innovation.
Dans le domaine de la santé, les députés ont demandé la levée du gel sur les projets suspendus, la construction de polycliniques, la formation locale des médecins selon des standards internationaux, ainsi que le renforcement du nombre de spécialistes dans les hôpitaux. Certains ont également proposé d’obliger les médecins du secteur privé à participer au service public, notamment dans les zones à faible couverture médicale.
Finies les dépenses sans planification
Au-delà des priorités sectorielles, les discussions ont mis en avant une évolution de la vision économique et budgétaire du pays. Le PLF 2026 introduit une logique de budgétisation par objectifs et résultats, rompant avec les anciennes méthodes centrées sur la simple gestion des dépenses.
Pour le député Salah Zentar, membre de la commission des finances, cette loi de finances «marque un tournant qualitatif par son volume et son orientation». Il a rappelé que «c’est la plus importante de l’histoire du pays, avec plus de 136 milliards de dollars, dépassant celle de 2025», traduisant, selon lui, «l’ambition d’un développement global et durable».
Salah Zentar a souligné que le budget 2026 «n’est pas qu’une série de chiffres, mais une feuille de route complète visant à équilibrer les dimensions sociale et économique», en concrétisant la vision 2027, qui projette des revenus nationaux atteignant 400 milliards de dollars par an grâce à la diversification économique.
Il a rappelé que les secteurs prioritaires demeurent le logement, l’éducation, la santé, l’enseignement supérieur et le soutien social, et que le gouvernement reste fidèle à sa politique de soutien public, tout en œuvrant à un meilleur ciblage des aides pour qu’elles profitent réellement aux plus démunis.
Sur le plan industriel, Salah Zentar a mis en avant une hausse de 6,8 % de la production industrielle au dernier trimestre, qu’il a qualifiée de «signe tangible du passage d’une économie rentière à une économie productive». Ce redressement s’accompagne d’un regain d’intérêt des investisseurs étrangers, confortant la confiance dans le climat économique national.
Le député Messaoud Guesri a, pour sa part, mis en avant la nouvelle approche de «budget par programmes et objectifs», axée sur la performance et les résultats concrets. «Ce budget est une loi de stabilité, sans nouvelles taxes, avec des prix maintenus malgré un contexte international incertain», a-t-il affirmé, précisant que l’essentiel des 135 milliards de dollars sera consacré aux secteurs stratégiques : infrastructures, protection sociale et croissance économique.
Le député Allal Bouteldja a salué pour sa part «une hausse de 27% des dépenses d’équipement et d’investissement public», destinée à achever les grands projets structurants : chemins de fer, autoroutes, barrages, transferts d’eau, usines de dessalement et programmes de logement. Ce dernier inclut notamment 360 000 unités, dont 300 000 dans le cadre du programme AADL 3.
Islam K.
