L’Algérie a réagi, jeudi, à l’annonce d’un accord entre l’Etat sioniste et le mouvement palestinien Hamas visant à mettre fin à la guerre dans la bande de Ghaza.
Selon un communiqué rendu public par le ministère des Affaires étrangères, l’Algérie «prend note» de l’accord pour la mise en œuvre du plan de paix du président américain. «L’Algérie prend note de l’accord conclu concernant le début de la mise en œuvre de la première phase du plan de paix du président Donald Trump dans la bande de Ghaza, comme premier pas vers la fin de l’agression sioniste contre le peuple palestinien frère», lit-on dans le communiqué de la diplomatie algérienne.
Salutaire
Le communiqué du ministère des affaires étrangères a ajouté que «l’Algérie salue le cessez-le-feu immédiat et l’acheminement urgent de l’aide humanitaire et de secours dans la bande de Ghaza», qui sont, a précisé le document, «deux exigences que l’Algérie et la communauté internationale n’ont cessé de réclamer avec insistance et constance pour alléger la souffrance du peuple palestinien». L’armée sioniste a annoncé que le cessez-le-feu à Ghaza était entré en vigueur, hier à 09h00 GMT (12h00 heure de Ghaza). Avec l’instauration du cessez-le-feu, des milliers de Palestiniens déplacés ont commencé à rentrer du sud vers la ville de Ghaza.
Prélude à une solution durable
Réaffirmant sa position de principe en faveur d’une paix juste et durable au Moyen-Orient, l’Algérie exprime l’espoir que cette initiative ouvrira la voie à une solution pacifique, permanente et définitive à la question palestinienne, garantissant au peuple palestinien l’ensemble de ses droits nationaux légitimes, au premier rang desquels figure le droit d’établir un État indépendant dans les frontières de 1967, avec Al-Qods pour capitale, tel que reconnu par les Nations unies et réaffirmé par la communauté internationale à travers les reconnaissances successives de l’État palestinien.
Le plan Trump
Le 29 septembre, Trump a dévoilé un plan de cessez-le-feu en 20 points pour Ghaza, prévoyant la libération de tous les prisonniers détenus par le Hamas en échange d’environ 2 000 prisonniers palestiniens, un cessez-le-feu permanent et un retrait progressif des forces sionistes de l’ensemble de la bande de Ghaza. Une deuxième phase du plan prévoit la mise en place d’un nouveau mécanisme de gouvernance à Ghaza sans la participation du Hamas, la formation d’une force de sécurité composée de Palestiniens et de troupes de pays arabes et musulmans et le désarmement du Hamas.
Les limites du plan
Le document proposé par les Etats-Unis esquisse ce qui pourrait être l’avenir de Ghaza, à court et à moyen terme. Cependant, le plan demeure plus qu’équivoque quant à la solution à deux Etats. Le texte récuse toute existence actuelle de l’Etat palestinien, en dépit de la vaste reconnaissance dont il bénéficie désormais. D’ailleurs le Premier ministre sioniste a clairement indiqué qu’en acceptant la proposition des Etats-Unis, il n’avait en aucun cas accepté la création d’un Etat palestinien. L’absence de toute mention de la Cisjordanie dans le document constitue, par ailleurs, une entrave à une solution définitive du conflit.
La question du statut de la Cisjordanie est donc, tout comme celui de l’Etat palestinien dans son ensemble, entièrement éludée. Le plan appelle seulement l’Autorité palestinienne à un processus de réformes, qui pourrait à terme ouvrir la voie à une éventuelle création d’un État palestinien. Plus largement, le texte n’esquisse aucune solution au problème des frontières, du retour des réfugiés ou de la réconciliation, parmi les innombrables questions que soulève la perspective d’une résolution définitive du conflit.
Saïd S
