Par S. M.
Il y a quelque chose de saisissant à observer aujourd’hui les trajectoires respectives de l’Italie et de la France.
Rome avance, trace une ligne claire en Méditerranée et en Afrique, noue des alliances concrètes, se positionne sur les grands flux énergétiques et commerciaux. Paris, elle, s’agite, parle fort, fait du boucan… mais reste spectatrice.
L’Italie de Giorgia Meloni a compris que l’avenir se joue dans la Méditerranée élargie et sur le continent africain. Elle a lancé le «Plan Mattei» comme une stratégie d’influence assumée : investir, coopérer, bâtir des ponts là où d’autres détruisent des passerelles. Ce plan n’est pas une lubie : c’est une politique d’État, adossée à une vision et des moyens.
Pendant ce temps, la France se replie dans un réflexe diplomatique daté, prisonnière de ses rancunes et de ses contradictions. Avec l’Algérie, Paris a choisi la crispation là où Rome mise sur la confiance. Résultat : Alger regarde vers le sud, vers l’est… mais de moins en moins vers le nord-ouest.
Ce n’est pas seulement un problème d’image, c’est un enjeu de puissance. Dans la compétition mondiale, celui qui n’avance pas recule. Les Turcs, les Chinois, les Russes et maintenant les Italiens occupent le terrain africain. La France, elle, se contente de commenter depuis le banc de touche, comme si l’Histoire allait l’attendre.
Les relations internationales ne laissent pas de place au sentiment ni à l’orgueil blessé : elles obéissent aux intérêts et à la projection de puissance. L’Italie l’a compris, et c’est ce qui explique aujourd’hui son succès. Si Paris ne rompt pas avec sa posture de donneur de leçons isolé, elle ne sera bientôt plus qu’un souvenir dans les affaires africaines et méditerranéennes.
La Méditerranée n’attend pas, l’Afrique non plus. Et pendant que Rome avance, Paris s’enlise.
S.M.
