Organisations non-élues, elles constituent pourtant bel et bien sur le terrain une force d’action avec une influence concrète sur le mode de vie des populations. Nombre d’ONG internationales ont développé, à des degrés divers, de véritables stratégies d’influence et dédient, à l’instar d’autres secteurs d’activité, d’importants moyens pour les activités de lobby auprès des décideurs.
A cet égard, le site turc « Yeni Şafak » révèle dan un article sous le thème « ONG: quand l’humanitaire se transforme en pouvoir sans contrôle » les dessous cachés de ces Organisations non gouvernementales. Selon la publication, dans « des zones fragilisées comme le Sahel, la RDC ou le Sud-Soudan, certaines ONG dépassent leur mission humanitaire. Elles contrôlent l’accès à la nourriture, aux soins et à l’éducation, avec leurs propres règles et budgets, mais sans rendre de comptes aux populations ni aux gouvernements ». Et d’affirmer que « derrière la compassion affichée, elles influencent les politiques et prospèrent grâce aux crises. Un pouvoir invisible qui soulève une question : et si certaines ONG étaient devenues des États dans l’État ? ». En effet, ces ONG, à l’instar des « Open Society Foundations (OSF) » du philanthrope américain, George Soros, prétendent promouvoir la démocratie, mais leurs actions à travers l’Afrique révèlent un schéma plus profond d’ingérence politique, d’exploitation et d’influence stratégique.
Quand les ONG remplacent l’État
Selon la publication turque, dans certaines zones « du Sahel, de la République démocratique du Congo (RDC) ou du Sud-Soudan, l’absence de l’État laisse place à un autre pouvoir : celui de certaines ONG internationales ». Pire, ajoute-t-on, ces « organisations décident qui mange, qui est soigné, qui bénéficie d’une école ».
Ainsi, avec leurs propres budgets, leurs diplomaties et leurs priorités, elles échappent au contrôle démocratique. « On ne les élit pas, elles ne sont pas jugées, mais elles influencent parfois plus les politiques publiques que les ministères locaux », lit-on.
Derrière les discours de compassion, il y a aussi des enjeux financiers. « Plus les crises se multiplient, plus ces ONG se rendent indispensables. Certaines prospèrent grâce à l’urgence, transformant parfois la guerre ou l’épidémie en marché », avance l’auteur de l’article.
La voix des populations absente
Selon des témoignages d’habitants, ces ONG ne font qu’à leur guise. « Ils ne nous écoutent jamais. Ils arrivent avec leurs plans tout faits. Nous ne faisons que recevoir, jamais participer », indique-t-on.
Cette opacité soulève une inquiétude : et si certaines ONG étaient devenues ce qu’elles disent combattre ?. Derrière la rhétorique philanthropique se cache un modèle de soft power, de contrôle des ressources et d’ingénierie politique, le tout sous la bannière d’une « société ouverte ». Début 2025, une audience de la Commission de surveillance du Congrès US a révélé des liens entre l’USAID et OSF, suggérant une influence coordonnée sur les politiques nationales en Afrique. Les ONG ne font d’ailleurs pas l’unanimité au sein même du bloc des grandes puissances. Majoritairement financée par des aides d’États ou des fondations de grandes entreprises, l’indépendance des ONG pose également problème.
En étau entre les juntes et les jihadistes
Soupçonnées de tous les maux, ces ONG sont devenues indésirables. Au Burkina, les militaires au pouvoir ont révoqué en l’espace d’un mois l’autorisation d’exercer de 21 ONG entre juin et juillet pour raison administrative, selon eux, et suspendu dix autres associations pour une durée de trois mois. Au Mali, le régime militaire a suspendu depuis 2022 les ONG financées ou soutenues par la France, ancienne puissance coloniale à laquelle les juntes sahéliennes ont tourné le dos.
développement économique, social, environnemental et culturel », selon un projet de loi consulté par l’AFP. Au Niger, la junte a ordonné aux ONG d’aligner leurs activités sur ses objectifs, notamment le renforcement de la sécurité, le développement des bases de production pour la souveraineté économique ou encore la promotion de la bonne gouvernance.
En novembre 2024, elle a retiré l’autorisation d’exercer à l’ONG française Acted et à l’association nigérienne Action pour le bien-être (ABPE). Le ministre nigérien de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, avait affirmé en janvier que beaucoup d’ONG » au Niger menaient des « missions de subversion » à travers des « soutiens qu’elles apportent souvent aux terroristes ».
Badis B.
