Les prochaines heures pourraient être déterminantes pour savoir si la pression politique et diplomatique suffira à infléchir la stratégie sioniste.
La tension autour de la bande de Ghaza ne cesse de s’intensifier après l’annonce, par le cabinet sécuritaire sioniste, d’un plan visant à occuper entièrement le territoire et à instaurer une administration alternative dans la ville de Ghaza. Face à cette escalade, les réactions internationales se multiplient, tandis que le Conseil de sécurité de l’ONU se prépare à examiner la situation dans une réunion d’urgence.
Selon des sources diplomatiques citées par certains médias, cette séance, initialement prévue aujourd’hui, a été reportée à dimanche (aujourd’hui). La demande de convocation a été formulée par le Royaume-Uni, le Danemark, la France, la Grèce et la Slovénie. Une demande soutenue par la Russie, la Chine, la Somalie, l’Algérie, le Pakistan, le Guyana, la Corée du Sud et la Sierra Leone. Ainsi, tous les membres du Conseil de sécurité ont appuyé ou initié la démarche, à l’exception notable des États-Unis, qui s’y opposent.
Cette initiative diplomatique intervient au lendemain de l’approbation, par l’exécutif sioniste restreint, d’un plan graduel présenté par Benyamin Netanyahou. Celui-ci prévoit, dans un premier temps, l’occupation de la ville de Ghaza et le déplacement forcé de ses quelque un million d’habitants vers le Sud. La ville serait ensuite encerclée et ferait l’objet d’incursions dans les zones résidentielles. Une seconde phase viserait l’occupation des camps de réfugiés situés au centre de l’enclave, dont de larges portions ont déjà été détruites.
Les Nations unies tirent la sonnette d’alarme : près de 87% de la superficie de Ghaza se trouvent déjà sous occupation sioniste ou font l’objet d’ordres d’évacuation. L’organisation avertit que tout nouvel élargissement militaire aurait des conséquences humanitaires «catastrophiques». Les agences humanitaires soulignent que les infrastructures médicales sont exsangues, que l’accès à l’eau potable et à l’électricité est gravement limité et que les déplacements forcés aggravent la pénurie de vivres.
La décision sioniste a immédiatement suscité de vives critiques. Les ministres des Affaires étrangères de l’Australie, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni ont publié une déclaration conjointe dans laquelle ils condamnent fermement ce projet. «Les plans annoncés par le gouvernement sioniste risquent de constituer une violation du droit international humanitaire», affirment-ils, réaffirmant leur engagement commun en faveur d’une solution à deux États obtenue par la négociation.
Entraves à l’aide humanitaire
Les cinq pays ont également exhorté l’entité sioniste à revoir sans délai le nouveau système d’enregistrement des organisations humanitaires internationales, jugé contraignant et susceptible d’entraver l’acheminement de l’aide. Selon eux, il est impératif que l’assistance puisse parvenir sans entrave aux populations civiles, déjà confrontées à une situation désespérée.
À New York, l’ambassadeur palestinien auprès des Nations unies, Riyad Mansour, a confirmé que des discussions étaient en cours avec plusieurs membres du Conseil de sécurité afin d’organiser cette réunion d’urgence. Il a salué le soutien de l’Union européenne, du Royaume-Uni, de l’Allemagne ainsi que des pays arabes et islamiques, exprimant l’espoir que ces positions contribueront à empêcher une extension de l’offensive sioniste.
Sur le terrain, la perspective d’une nouvelle phase d’opérations militaires d’envergure ravive les inquiétudes alors que le conflit dure depuis près de deux ans. Les destructions massives, les déplacements forcés et la pression constante sur les civils accentuent une crise humanitaire déjà dramatique. Des témoins font état de quartiers entiers rasés, d’écoles transformées en abris improvisés et d’hôpitaux débordés par l’afflux de blessés.
Pour de nombreux observateurs, la décision de l’entité sioniste marque non seulement une escalade militaire, mais aussi un risque accru d’isolement diplomatique. L’alignement inhabituel de membres du Conseil de sécurité, traditionnellement divisés, illustre la gravité de la situation et la rareté d’un consensus international sur une question aussi sensible. Les prochaines heures pourraient être déterminantes pour savoir si la pression politique et diplomatique suffira à infléchir la stratégie sioniste.
Assia M.
