La sécurité énergétique, la maîtrise des coûts et la réduction des émissions sont désormais des défis interdépendants qui exigent des approches intégrées.
Le coup d’envoi des travaux de la 14e édition du Salon et de la Conférence Afrique et Méditerranée sur l’énergie et l’hydrogène, Napec 2026, a été donné hier au Centre des conférences Mohamed-Ben-Ahmed d’Oran par le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab.
Placée sous le slogan «Vers une nouvelle approche du mix énergétique : de la transition énergétique à la diversification énergétique, tout en garantissant la sécurité énergétique, l’accessibilité et la décarbonation», la conférence accueille plus de 450 exposants et 230 intervenants représentant les principaux acteurs des hydrocarbures, des services pétroliers, de l’énergie ainsi que des technologies liées à la transition énergétique.
Le gaz reste indispensable
Dans son discours d’ouverture, Mohamed Arkab a souligné que Napec 2026 se tient dans un contexte international marqué par de profondes transformations et une refonte continue des systèmes énergétiques.
Il a ajouté que les tensions géopolitiques, la volatilité des marchés et les exigences environnementales croissantes confirment que la sécurité énergétique, la maîtrise des coûts et la réduction des émissions sont devenues des défis interdépendants qui nécessitent des approches intégrées.
Selon le ministre d’État, le gaz naturel continuera de jouer un rôle important dans le mix énergétique, en tant que source de flexibilité énergétique, élément de valorisation industrielle des ressources et combustible essentiel dans un système énergétique plus efficace et plus propre.
Il a souligné que les prévisions internationales confirment le maintien de la demande de pétrole et de gaz au cours des prochaines décennies, mettant ainsi en évidence la nécessité de poursuivre les investissements dans ce secteur, parallèlement au développement des énergies propres et des technologies à faibles émissions de carbone.
Le ministre a également indiqué que les tendances enregistrées dans l’industrie gazière en 2026 confirment l’importance des contrats à long terme, de l’optimisation numérique, ainsi que de la réduction des émissions de méthane et de la limitation du torchage du gaz.
L’Algérie poursuit ses efforts
Mohamed Arkab a affirmé que l’Algérie continue de valoriser et d’exploiter ses ressources en hydrocarbures de manière responsable et durable.
Le pays poursuit ses efforts de développement et de modernisation du secteur des hydrocarbures en intensifiant les investissements dans les infrastructures pétrolières et gazières, ce qui contribue à renforcer sa position de fournisseur d’énergie fiable, à soutenir le financement de l’économie nationale et à favoriser un développement global.
L’Algérie entend également consolider son rôle de plateforme énergétique et industrielle reliant l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe, en s’appuyant sur sa situation géographique stratégique, ses infrastructures, ses capacités industrielles et son expérience opérationnelle, ainsi que sur sa volonté de nouer des partenariats à long terme.
Évoquant le projet de gazoduc transsaharien (TSGP), le ministre a indiqué que celui-ci s’inscrit dans la vision de l’Algérie visant à renforcer son rôle de plateforme régionale reliant les ressources africaines aux marchés méditerranéens et européens. Il a estimé que la sécurité énergétique et l’amélioration de la compétitivité sont également liées au développement des infrastructures et au renforcement de la connectivité entre les différents espaces énergétiques.
Une approche équilibrée du mix énergétique
Mohamed Arkab a insisté sur l’importance d’adopter une approche équilibrée du mix énergétique, fondée sur l’exploitation et le développement de différentes sources d’énergie afin de répondre à la demande croissante, tout en renforçant l’efficacité énergétique et en réduisant les émissions.
Le ministre d’État a expliqué que la compétitivité énergétique est aujourd’hui également liée à la performance carbone. L’Algérie, à travers Sonatrach, accorde ainsi une importance croissante à la réduction des émissions, à l’amélioration de l’efficacité énergétique et à la mesure de la performance climatique.
Sonatrach vise notamment à éliminer le torchage de gaz de routine d’ici à 2030 et à atteindre, à la même échéance, des niveaux d’émissions de méthane proches de zéro.
Il a souligné que les résultats enregistrés reflètent cette tendance, avec une diminution de 25% des volumes de gaz torchés entre 2020 et 2024. Par ailleurs, les projets de récupération du gaz associé ont permis de valoriser plus de un milliard de mètres cubes de gaz.
Un appel à des partenariats concrets
Depuis la plateforme de Napec 2026, Mohamed Arkab a lancé un appel clair à l’ensemble des acteurs présents, notamment les entreprises nationales et internationales, les institutions financières, les fournisseurs de technologies, les bureaux d’études, les centres de recherche et les start-up.
Il a souligné la pleine disponibilité de l’Algérie à collaborer avec ces acteurs autour de projets réalisables et finançables, technologiquement robustes et créateurs d’emplois, de compétences et de valeur ajoutée.
Pour le ministre d’État, l’Algeria Bid Round 2026 représente une étape importante pour ouvrir de nouvelles perspectives d’investissement et de partenariat, dans un cadre compétitif, transparent et inscrit dans le long terme.
«Œuvrons ensemble pour transformer les opportunités offertes par l’Algérie et l’Afrique en projets concrets et pour bâtir un avenir énergétique plus sûr, résilient et durable, au service de nos populations et de nos économies, et qui renforce la coopération entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe», a-t-il déclaré.
S. Smati
