Maintien de la gauche à Marseille, Lyon, Dijon ou Paris, extrême droite solide à Toulon ou encore Nice…
Le premier tour des élections municipales française, révèle un paysage politiquement fragmenté dans les 33.000 communes, où les grands partis traditionnels perdent toujours plus de leur suprématie.
Au lendemain du premier tour des municipales, l’incertitude est importante dans les grandes villes où peu de maires ont la certitude d’être reconduits. Les listes de gauche (hors LFI) se sont maintenues en tête dans plusieurs grandes villes telles que Paris, Lyon, Marseille, Lille, Dijon, Bordeaux, Nantes, Tours, Strasbourg, Saint-Etienne, Montpellier ou encore Villeurbanne.
À l’extrême droite, le Rassemblement national, qui souhaite amplifier sa dynamique en vue de la présidentielle de 2027, consolide ses positions: Jordan Bardella a revendiqué la réélection dès le premier tour de plusieurs maires sortants, comme à Hénin-Beaumont ou Fréjus. Leurs candidats sont aussi en tête dans plus de 60 communes, notamment Nice, Nîmes, Toulon, et parfois au coude-à-coude pour la première position, comme à Marseille pour Benoît Payan.
La France Insoumise réalise aussi une percée très dynamique, notamment à Lille où il créé la surprise et arrive en seconde position derrière les socialistes ou encore Roubaix. Saint-Denis, deuxième ville d’Ile-de-France après Paris, a été remportée par le candidat LFI au détriment du sortant socialiste, tout comme à Toulouse.
Le mouvement de gauche radicale est désormais en position d’arbitre dans plusieurs autres grandes villes, notamment à Paris, alors que l’épineuse question des alliances sera cruciale en vue du second tour prévu dimanche prochain.
Dans la capitale au premier tour, le candidat d’union de la gauche (hors LFI) Emmanuel Grégoire devance largement sa rivale de droite Rachida Dati, avec 37.98% des voix contre 25.46%. Mais dimanche 23 mars, cinq candidats s’affronteront au second tour:
Sophia Chikirou de la France Insoumise qui s’est qualifiée avec 11.72% des voix, Pierre-Yves Bournazel (liste d’union au centre) avec 11.34% et enfin Sarah Knafo (extrême droite) qui se qualifie de justesse avec 10.40% des voix.
Avec 37.36% des voix, le maire écologiste sortant Grégory Doucet (à la tête d’une large coalition de gauche hors LFI) est arrivé légèrement en tête au premier tour du scrutin lyonnais, juste devant l’ancien président de l’OL Jean-Michel Aulas (36.78%), candidat de la droite pourtant longtemps favori des sondages. Le match promet d’être serré au second tour, en présence également de la candidate insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi qui s’est maintenue en passant la barre des 10% (10,41%).
La gauche d’une courte tête devant l’extrême droite à Marseille
Dans la cité phocéenne, le maire sortant divers gauche Benoît Payan est arrivé en tête du premier tour avec 36,70%, devançant de peu le candidat RN Franck Allisio 35,02%. En troisième position, on retrouve la candidate de droite et du centre de Martine Vassal avec 12,41% des voix, devant le député LFI Sébastien Delogu qui ferme la marche avec 11,94%, laissant entrevoir une potentielle quadrangulaire pour le second tour.
À Lille, deux listes de gauche dans un mouchoir de poche
Place aux négociations et aux alliances à Lille, alors que les candidats de la gauche sont arrivés au coude-à-coude au premier tour. Avec 26.26% des voix, le maire sortant socialiste (et héritier de Martine Aubry) Arnaud Deslandes se place juste devant la candidate LFI Lahouaria Addouche et ses 23.36%.
À Nice, Éric Ciotti devance de loin Christian Estrosi, avec 43.43% des voix
Le candidat UDR-RN (union de la droite et de l’extrême droite) Éric Ciotti est arrivé largement en tête avec 43,43% des suffrages au premier tour. Christian Estrosi (Horizons), qui a quant à lui récolté 30,92% des voix, appelle désormais à « faire barrage à l’extrême droite ». Au second tour est également qualifiée la candidate de l’union de la gauche, Juliette Chesnel-Le Roux (11.93%).
Le RN très largement en tête à Toulon avec 42.05%
La députée RN Laure Lavalette est arrivée largement en tête du premier tour à Toulon mais avec peu de réserves de voix, devant la liste divers droite de Josée Massi qui concentre 29.54% des voix et devant la liste Les Républicains de Michel Bonnus qui récolte 15.71% des voix.
Dans de nombreuses villes, la question des alliances va désormais être scrutée dans les heures qui suivent, puisque les têtes de liste qualifiées ont jusqu’à mardi 18 heures pour décider s’ils se maintiennent, fusionnent ou se désistent.
R.I
