Cette initiative vise à briser le blocus imposé au peuple palestinien enfermé dans la bande de Ghaza, où les habitants vivent dans des conditions extrêmes de famine, de soif et de manque cruel de médicaments et de produits alimentaires essentiels
Les actions en soutien à la bande de Ghaza se succèdent en Algérie et dans le monde. Samedi, depuis la capitale Alger, la « caravane de la résistance » a pris la route vers sa première étape en Tunisie, avec la ferme intention d’arriver à Ghaza. Le porte-parole de l’initiative, le Cheikh Yahia Sari de l’Association des oulémas musulmans algériens, espère que le voyage pourra se faire « en toute sécurité ». Il explique également que les volontaires seront rejoints par d’autres caravanes similaires de Tunisie, de Libye et d’Egypte.
En effet, la Cheikh Yahia Sari, qui préside l’Initiative visant au « soutien de la Palestine » et plus encore pour « secourir Gaza » a fait savoir samedi qu’il s’agit de se joindre à un élan mondial. Ainsi, alors que l’on célébrait encore l’Aid el Kebir, le responsable expliquait que la caravane, composée de bus, se dirige « vers la Tunisie, où elle rejoindra la caravane de la résistance tunisienne avant de traverser la Libye. Ensuite, elle entrera en Égypte, si Dieu le veut, en toute sécurité ». L’objectif est d’apporter un soutien humanitaire, ou a minima, symbolique et médiatique aux Palestiniens de la bande de Ghaza. Cette caravane, lance le Cheikh Yahia Sari, est une initiative à caractère humanitaire. Elle est aussi l’occasion « d’élever la voix » de parler « haut et fort », de « se joindre à tous les Hommes libres du monde pour exiger la levée du blocus injuste et criminel sur notre peuple à Gaza ».
En ce sens, le timing choisi par les organisateurs « caravane de la résistance » n’est clairement pas un hasard. Le Cheikh Yahia Sari explique en ce sens que les volontaires algériens participent aujourd’hui aux efforts d’associations et partis politiques dans le monde, et notamment à l’action de « la flottille de la liberté » (le navire Madleen) actuellement en mer. La caravane algérienne « participe au mouvement populaire humanitaire international ». Il se concrétise aujourd’hui par des actions « par voie terrestre, maritime et aérienne. Nous déclarons tous notre rejet des pratiques criminelles qui touchent le peuple Palestinien ». Des actions, qui au-delà de leurs importance politique et médiatique, marquent également une prise de conscience mondiale en faveur de la Bande de Gaza. Un moyen, a estimé le Cheikh Yahia Sari, de dire aux Palestiniens, « nous partageons vos douleurs et vos souffrances (…) cette caravane de solidarité est une image miniature, symbolique et représentative de la volonté forte et large dans le monde. Il s’agit de resserrer l’étau sur l’occupant injuste ».
A ce propos, il est à souligner que la presse mondiale se fait déjà l’écho de l’initiative lancée à Alger, ainsi certaine annonce que la caravane, attendu ce lundi 9 juin à Tunis, devra à terme réunir « plusieurs milliers » de volontaires. L’agence de presse palestinienne Wafa, chiffre même le convoi à « plus de 300 véhicules » et près de 7000 volontaires algériens. Quant au jour prévu pour l’arrivée au niveau du passage frontalier entre l’Egypte et la bande de Gaza, aucune information n’est clairement communiquée pour le moment, mais tout converge vers la journée du 12 juin.
En effet, des associations et militants de près d’une quarantaine de pays appels depuis plusieurs semaines à l’organisation d’une « marche mondiale vers Gaza » afin d’exiger « la fin du génocide, la levée du blocus » et l’entrée de l’aide humanitaire. Et concrètement, les militants affichent la volonté de lancer une marche vers la ville El-Arich, capitale du gouvernorat égyptien du Sinaï Nord, et point de passage obligé avant la bande de Gaza. Un des mouvements auteur de ces appels, le «Global March to Gaza», avait insisté dernièrement sur le caractère pacifique de l’action. Le collectif citoyen se revendique en ce sens comme « apolitique, pacifiste et indépendant ».
Il refuse toute affiliation partisane, idéologique ou religieuse. Le seul but, avait noté l’un des porte-parole du mouvement, le suisse Samuel Crettenand, est d’afficher une « position commune (…) ne pas rester les bras croisés ». Agir pour « stopper le génocide en cours».
Nadir K.
