Le mois de Ramadhan n’a pas ralenti l’activité politique. Bien au contraire, à la faveur de ce mois marqué par des rencontres et des échanges, plusieurs partis politiques ont choisi d’intensifier leurs activités de proximité, en programmant réunions, conférences et rencontres avec leurs militants après le f’tour.
Une manière pour ces formations de maintenir le lien avec leurs bases tout en préparant les prochaines échéances électorales, notamment les législatives et les locales.
Dans ce contexte, les sorties médiatiques et les rencontres de terrain organisées par les chefs de parti se concentrent sur des thématiques reflétant à la fois la réalité nationale et les grands enjeux internationaux. Entre débats sur la cohésion nationale, la transformation économique ou encore la place de l’Algérie dans les équilibres mondiaux, les formations politiques cherchent à affiner leurs discours et à mobiliser leurs militants.
Le FLN mise sur la restructuration
Au Front de libération nationale (FLN), l’activité est dominée par la restructuration du parti, un chantier engagé depuis près d’une année. Le secrétaire général du FLN, Abdelkrim Benmbarek, estime que cette dynamique vise à mettre un terme à une «période de transition» qui a duré plus de quinze ans et qui, selon lui, a affaibli le fonctionnement organique du parti.
«La force d’un État ne se mesure pas uniquement à ses ressources matérielles, mais aussi à la solidité de son tissu politique, à la maturité de ses partis et à la profondeur de son débat public», a-t-il affirmé, soulignant que la prochaine étape consiste à rationaliser la pratique politique afin de renforcer la confiance des citoyens en le processus politique.
Cette restructuration a permis, selon lui, de réhabiliter les mécanismes internes fondés sur la participation des militants à travers les structures de base, notamment les kasmas et les mouhafadhas, afin de restaurer la légitimité organisationnelle et préparer le parti aux prochaines compétitions électorales. Le FLN espère ainsi retrouver son influence politique et améliorer ses résultats lors des prochaines consultations.
Préserver la cohésion nationale
De leur côté, d’autres formations politiques multiplient les rencontres avec leurs cadres et militants. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) a organisé plusieurs réunions dans différentes wilayas, notamment à Médéa et à Boussaâda. Son président, Abdelaali Hassani Cherif, a insisté sur l’importance de l’attachement aux valeurs et aux constantes nationales, qu’il considère comme le socle de la cohésion nationale face aux défis actuels.
Il a appelé à «fédérer les énergies et conjuguer les efforts entre les formations politiques, la société civile et les élites» afin de construire un État fort et prospère, tout en soulignant l’importance de préserver l’unité nationale et de renforcer la solidarité durant le mois sacré.
Dans le même esprit, le président du Front El Moustakbel, FatehBoutbig, a consacré ses rencontres avec les militants à la question de l’unité nationale, qu’il considère comme un facteur déterminant de stabilité. Selon lui, face aux transformations rapides du système international et aux tentatives de déstabilisation, l’unité nationale demeure «la pierre angulaire de la résilience et de la continuité d’une nation».
Préparer les prochaines échéances électorales
Le Rassemblement national démocratique (RND) s’est, pour sa part, intéressé aux enjeux du développement local et de la transformation numérique. Lors d’une conférence organisée à Relizane, le secrétaire général du parti, Monder Bouden, a affirmé que son parti aspire à retrouver sa place en tant que force politique active au service des citoyens.
Il a souligné que l’objectif du RND est de garantir une meilleure représentation des citoyens lors des prochaines échéances électorales et de proposer des programmes réalistes capables de répondre aux préoccupations de la société.
Enjeu majeur pour le Front des forces socialistes (FFS), les prochaines élections locales et législatives occupent également une place centrale dans le discours politique du parti. Le FFS considère ces échéances comme déterminantes pour l’avenir politique du pays, dans un contexte marqué par de profondes mutations régionales et internationales.
Cap sur les enjeux sociaux et internationaux
De son côté, le Parti des travailleurs (PT) a organisé une rencontre avec ses militants à Alger. Sa secrétaire générale, Louisa Hanoune, y a abordé plusieurs questions nationales, notamment la protection du pouvoir d’achat des citoyens, saluant certaines mesures prises dans ce sens, tout en appelant à renforcer les mécanismes de soutien aux catégories sociales vulnérables. Sur le plan international, elle a réitéré la condamnation de l’agression contre la bande de Ghaza et appelé à intensifier les efforts pour mettre fin aux souffrances du peuple palestinien.
Ainsi, malgré l’ambiance particulière du mois de Ramadhan, la scène politique reste animée. Les rencontres organisées après le f’tour offrent aux partis une opportunité de dialoguer avec leurs militants, de débattre des enjeux nationaux et de préparer les prochaines échéances électorales.
Assia M.
