La réunion entre le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouassim Kouidri, et le président du Snapo s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue autour de la disponibilité des médicaments.
Les situations de rupture et de tension sur l’approvisionnement du marché en médicament ont été au centre de la réunion qui a regroupé, jeudi dernier, au siège du ministère, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouassim Kouidri, et le président du Syndicat national des pharmaciens privés Snapo, Sami Tirech, accompagné de membres du bureau national.
Cette réunion, organisée à la demande du syndicat, a été l’occasion, pour les deux parties, d’aborder les moyens d’organiser et de contrôler la commercialisation des médicaments afin d’améliorer leur disponibilité et de faciliter l’accès aux patients dans des conditions appropriées. Cette réunion intervient au moment où le marché algérien des médicaments connaît, ces dernières semaines, des tensions, caractérisées par des pénuries de certains produits, notamment ceux destinés aux maladies chroniques.
Des tensions sont rapportées sur plusieurs médicaments essentiels, avec des inquiétudes concernant la disponibilité de produits pour maladies chroniques.Même si elle reste globalement maîtrisée, la situation impose de la vigilance.
Selon le Snapo, les chiffres varient entre 30 et 60 produits qui sont soit en rupture, soit en tension. Les produits disponibles mais difficilement accessibles sont estimés entre 20 et 30. Ceux totalement indisponibles sont, heureusement, beaucoup moins nombreux.
Pour le Snapo, les causes sont multiples. Il s’agit notamment de dépendance aux matières premières importées, de contraintes logistiques liées au transport international, ou encore à des choix économiques de certains laboratoires qui privilégient les produits les plus rentables.
À l’issue de la réunion, le ministre de l’Industrie pharmaceutique a réaffirmé l’engagement du secteur à poursuivre la coordination et la concertation avec divers partenaires professionnels, dans le but, est-il précisé, d’assurer la disponibilité des médicaments et d’améliorer la qualité des services pharmaceutiques offerts aux citoyens.
Démarche proactive
Cette coordination entre l’Etat et les opérateurs privés témoigne d’une volonté de protéger le marché de toute instabilité, en érigeant la disponibilité des médicaments au rang de priorité. Face aux risques de pénurie mondiale, induite par le contexte géopolitique actuel au Moyen-Orient, le ministère avait averti, début avril, l’ensemble des établissements de fabrication, d’importation et d’exploitation que des tensions sur le fret international pourraient survenir.
Dans une note urgente adressée aux opérateurs du secteur, le ministère de l’Industrie et de la Production pharmaceutique a exhorté les établissements pharmaceutiques à anticiper d’éventuelles perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Pour assurer la continuité de l’approvisionnement, la note ministérielle impose aux opérateurs une surveillance rigoureuse de leurs stocks et de leurs flux de livraison, se traduisant par une vigilance accrue dans le suivi strict des programmes de production et d’importation. Par ailleurs, le ministère avait,également, émis une note sommant les opérateurs du secteur (production, importation et distribution) de libérer les stocks de médicaments disponibles.
Numérisation du secteur
Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a, parallèlement, lancé un projet de système d’information intégré pour le suivi de l’approvisionnement du marché national en produits pharmaceutiques.
Le système repose sur une plateforme numérique qui permet de suivre le parcours commercial des médicaments, du producteur et de l’importateur jusqu’au distributeur et au pharmacien, grâce à une collecte et une analyse précises et immédiates des données, ce qui renforce le contrôle de l’approvisionnement du marché.
Cette plate-forme numérique mise en place en coordination avec le Haut-Commissariat à la numérisation et le ministère de la Poste et Communications, permettra de fournir des données précises et fiables et constituera un tableau de bord numérique intégré permettant de suivre le parcours des médicaments et de diriger les procédures en temps opportun.
Dans le cadre du suivi quotidien, une cellule a également été mise en place au niveau ministériel, chargée de surveiller et d’analyser les indicateurs d’approvisionnement du marché, notamment pour les médicaments essentiels et de proposer les mesures nécessaires pour garantir la disponibilité et la continuité de l’approvisionnement.
S. Smati
