L’Assemblée populaire nationale a commémoré, hier, le 65ᵉ anniversaire des massacres du 17 octobre 1961 à Paris. Ce jour-là, des milliers d’Algériens étaient descendus pacifiquement dans les rues de la capitale française pour revendiquer l’indépendance de leur pays, avant d’être violemment réprimés par les forces de police.
La cérémonie a été marquée par un hommage aux victimes de la répression coloniale française et un rappel du rôle historique de l’émigration algérienne dans la lutte de libération nationale. Dans son allocution prononcée à l’occasion de cette journée, la présidente de l’APN, Khalida Boufedèche, a souligné la portée historique de ces manifestations, organisées à un tournant décisif de la Révolution algérienne.
Elle a rappelé que des milliers d’Algériens étaient descendus dans les rues de la capitale française pour exprimer leur attachement à la liberté et à l’indépendance, ainsi que leur soutien au Front de libération nationale (FLN) et au combat mené dans leur pays. Cette mobilisation pacifique avait été confrontée à une répression d’une extrême violence de la part des autorités françaises, faisant de nombreuses victimes, des blessés et des arrestations. Pour la présidente de l’APN, cette date demeure un repère essentiel de la mémoire nationale et témoigne des sacrifices consentis par les Algériens établis à l’étranger pour la libération de leur patrie.
La communauté nationale à l’étranger, un acteur stratégique
Au-delà du devoir de mémoire, Khalida Boufedèche a insisté sur la nécessité de faire vivre l’héritage de cette page de l’histoire nationale. Elle a appelé les membres de la communauté algérienne à l’étranger à poursuivre leur engagement au service du pays, notamment en préservant les liens des jeunes générations avec leur patrie d’origine, en consolidant l’identité nationale et en contribuant au développement économique et scientifique de l’Algérie.
Le transfert des compétences, la valorisation des connaissances acquises à l’étranger, l’investissement et la défense de l’image de l’Algérie dans les pays d’accueil figurent également parmi les missions auxquelles la diaspora est appelée à prendre part. En contrepartie, la responsable parlementaire a mis en avant la nécessité pour l’État de poursuivre ses efforts en faveur des Algériens établis à l’étranger.
L’amélioration des prestations administratives, la protection de leurs intérêts, le renforcement des canaux de communication institutionnels et l’élargissement de leurs possibilités de participation au développement national constituent, selon elle, des priorités pour consolider les relations entre l’Algérie et sa diaspora. La présidente de l’APN a également rappelé plusieurs mesures engagées dans ce sens.
Elle a notamment cité l’instauration, par décret présidentiel, d’une minute de silence annuelle en hommage aux victimes des massacres du 17 octobre 1961, ainsi que la numérisation de services liés notamment à la retraite et au logement.
L’organisation de colonies de vacances au profit des enfants de la communauté algérienne à l’étranger, la création du Conseil supérieur de la communauté scientifique nationale à l’étranger et l’élargissement de la représentation de la diaspora à l’Assemblée populaire nationale ont également été évoqués.
Pour Khalida Boufedèche, ces initiatives traduisent la volonté de construire une relation renouvelée avec la communauté nationale à l’étranger, fondée sur la confiance mutuelle, le respect et un dialogue permanent.
Préserver la mémoire des victimes de la répression coloniale
De son côté, le député de la wilaya d’Alger, Rabah Belkhiri, a souligné l’importance de cette commémoration pour honorer les martyrs qui ont consenti d’immenses sacrifices afin que l’Algérie recouvre sa liberté et son indépendance. Il a rappelé que les manifestations du 17 octobre 1961 avaient été réprimées alors que leurs participants revendiquaient pacifiquement le droit du peuple algérien à l’autodétermination.
Il a également évoqué le sort des victimes jetées dans la Seine, symbole de la brutalité de la répression coloniale. Le député a estimé que ces événements mettaient en évidence le contraste entre les principes de liberté, de fraternité et d’égalité proclamés par la France et les pratiques du système colonial à l’égard des Algériens.
Il a notamment dénoncé l’imposition du couvre-feu aux Algériens et la répression de leurs manifestations pacifiques en faveur de l’indépendance.
I. Khermane
