L’État combine rigueur budgétaire et vision stratégique pour l’avenir.
Les ministres du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, et du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, respectivement Kamel Rezig et Amel Abdellatif, ont présenté, lors de l’examen du projet de loi de règlement budgétaire devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale, un bilan détaillé des actions menées dans leurs secteurs respectifs.
Soutien à la compétitivité des produits algériens
L’un des points forts de l’intervention de Kamel Rezig a été la mise en lumière de l’engagement de l’État pour renforcer la compétitivité des produits algériens à l’international. Dans le cadre du programme «Encadrement des échanges commerciaux et promotion des exportations», un montant de 6,037 milliards de dinars a été alloué, avec un taux de consommation de 81,56% des crédits, soit plus de 4,9 milliards de dinars.
Cette somme a principalement servi à soutenir les exportateurs algériens, en particulier pour régler les créances des exportateurs concernant le fonds dédié à la promotion des exportations pour la période 2017-2021. L’effort exceptionnel en 2023 a permis de dégager une augmentation de 482% par rapport à l’enveloppe initiale, grâce à une mesure spéciale de soutien aux exportateurs, qui a vu l’affectation de 5 milliards de dinars supplémentaires.
En plus de cela, un milliard de dinars a été prévu pour couvrir les contributions de l’année 2023. Au total, 1.393 dossiers ont été réglés, permettant de soutenir les entreprises exportatrices et de renforcer la compétitivité des produits hors hydrocarbures. L’État s’engage ainsi fermement à faire de l’exportation une politique publique durable.
Une gestion financière rigoureuse
Concernant le secteur du commerce extérieur, selon les données révélées par Amel Abdellatif, les résultats de l’exécution du budget pour l’année 2023 sont également notables. Le secteur a bénéficié d’une enveloppe totale de 107,93 milliards de dinars en autorisations d’engagement, dont 106,04 milliards de dinars en crédits de paiement.
Ces fonds ont permis de financer divers programmes, notamment ceux liés à la stabilisation des prix des produits de consommation de base comme le sucre et l’huile, ainsi qu’à la révision des salaires dans le secteur.
Les crédits ont été utilisés avec une grande rigueur : 90,46% des crédits alloués ont été consommés, avec des taux de consommation de 98,54% pour le programme de contrôle et de promotion de la concurrence et de 88,58% pour la gestion des services. En revanche, la consommation pour les programmes liés à la protection du consommateur (13,43 %) et à l’encadrement des échanges commerciaux (73,83 %) reste plus modeste, ce qui témoigne de priorités budgétaires plus ciblées.
Lutte renforcée contre la fraude
Dans un autre volet, la ministre du Commerce intérieur a présenté les résultats des actions de contrôle économique et de lutte contre la fraude, qui ont été intensifiées en 2023. Les services de contrôle relevant de son ministère ont effectué un total de 2 096 390 interventions à travers le pays.
Ces opérations ont conduit à la découverte de 201 043 infractions et à la rédaction de 190 359 procès-verbaux de suivi judiciaire, renforçant ainsi l’autorité de l’État sur le marché. Les résultats financiers découlant de ces interventions sont impressionnants : un chiffre d’affaires caché de 51,98 milliards de dinars a été détecté, révélateur des pratiques non déclarées qui pèsent sur l’économie nationale.
Dans le cadre des mesures conservatoires, des saisies ont été effectuées, d’une valeur totale de 1,927 milliard de dinars, et 13 525 commerces ont été proposés à la fermeture pour non-conformité. En matière de contrôle de la qualité des produits, 989 318 opérations ont été menées, conduisant à la saisie de produits non conformes ou impropres à la consommation d’une valeur de 1,408 milliard de dinars. Ces mesures témoignent de la volonté de l’État de protéger la santé des consommateurs et de garantir des règles de concurrence loyale.
La stratégie de la numérisation
L’une des grandes orientations stratégiques mises en avant par les deux ministres est l’adoption de la numérisation comme levier pour renforcer la transparence et améliorer les mécanismes de contrôle. La digitalisation des processus administratifs vise à améliorer l’efficacité de la gestion publique et à renforcer la compétitivité des entreprises locales. La numérisation est également vue comme un outil clé pour garantir un suivi en temps réel des marchés et ainsi mieux gérer les grandes saisons de consommation, comme le mois de Ramadhan.
A. Mekhennef
