Emmanuel Macron n’a peut-être pas encore quitté l’Élysée, mais son destin semble scellé : qu’il parte maintenant ou au terme de son mandat, il sortira par la petite porte.
Par S. M.
Son double échec, intérieur et international, ne laisse plus de place à l’illusion.
Sur le front intérieur, Macron s’est enfermé dans une présidence autoritaire, marquée par une succession de crises sociales, d’injustices fiscales et de fractures territoriales. De la contestation des «gilets jaunes» à l’explosion des colères contre les réformes imposées sans concertation, il n’a jamais su retisser le lien de confiance avec la société française.
L’image du président «jupitérien» s’est muée en celle d’un dirigeant isolé, coupé de ses concitoyens et otage d’une majorité relative qui ne gouverne plus que par bricolages institutionnels. La dissolution ratée, la montée des extrêmes et l’effondrement de son socle électoral ne font que confirmer l’impasse.
À l’international, il s’est présenté comme l’artisan d’une «autonomie stratégique» européenne, mais ses ambitions se sont heurtées au mur des réalités. La guerre en Ukraine l’a marginalisé face au couple États-Unis–OTAN, tandis que son influence au Maghreb et en Afrique subsaharienne s’est effondrée sous l’effet d’un ressentiment anti-français inédit.
Son pari d’incarner une «troisième voie» entre Washington et Pékin a échoué : ni crédibilité auprès des grandes puissances, ni confiance des pays émergents. Même sur la scène européenne, où il prétendait incarner le leadership, ses partenaires le jugent affaibli, prisonnier de ses contradictions et incapable de porter une vision commune.
Une présidence crépusculaire
En additionnant les échecs domestiques et la perte de poids international, le bilan est implacable : Macron a dilapidé son crédit politique. Sa présidence apparaît comme crépusculaire, sans horizon ni relais. Aujourd’hui déjà contesté, demain peut-être balayé, il n’aura plus d’autre choix que de quitter l’Histoire par la sortie secondaire, loin des grands hommes qu’il rêvait de rejoindre.
En France comme à l’étranger, le constat est partagé : Emmanuel Macron a raté son rendez-vous avec l’Histoire. Qu’il tombe dans les prochains mois sous le poids de ses contradictions ou qu’il achève son mandat dans l’indifférence, la sentence est la même — une sortie discrète, sinon humiliante, pour un président qui s’était rêvé Grand.
S.M.
