«L’Algérie dispose de tous les moyens humains et matériels pour lutter contre les feux de forêt».
Depuis le début de l’été, de nombreux incendies se sont déclarés dans le Nord du pays. Toutefois, grâce à la mobilisation rapide des équipes d’intervention, ces feux de forêt – au nombre de dix répartis sur huit wilayas, selon le dernier communiqué de la Protection civile – ont été circonscrits sans causer de dégâts majeurs.
Ces incidents rappellent, inévitablement, la nécessité d’une vigilance accrue durant cette période de l’année, marquée par des températures élevées favorisant la propagation rapide des flammes.
Face à ce fléau qui engendre régulièrement pertes humaines et dégâts matériels considérables, la Direction générale des forêts (DGF), en coordination avec la Commission nationale de protection des forêts (CNPF), a adressé une note à toutes ses antennes à travers le territoire national. Cette note appelle à «élever le niveau de préparation, redoubler de prudence et maintenir une vigilance maximale 24h/24».
Dans une déclaration à ce sujet, le directeur de la protection de la faune et de la flore à la DGF, Saïd Si Ali, a affirmé que «l’Algérie dispose de tous les moyens humains et matériels pour lutter contre les feux de forêt». Il a rappelé que, comme les autres pays du pourtour méditerranéen, l’Algérie fait face chaque année à des incendies qui ravagent la couverture végétale. D’où, selon lui, «l’adoption par les hautes autorités d’une stratégie nationale axée sur la proactivité et la coordination intersectorielle, afin de préserver le patrimoine forestier national». À titre d’exemple, il a souligné qu’en 2024, les incendies de forêt avaient diminué de 91%.
Pour étayer ses propos, le responsable a cité l’installation de la Commission nationale de protection des forêts, composée de représentants de 13 ministères, ainsi que de 40 commissions de wilaya, 471 commissions à l’échelle des daïras et wilayas déléguées, et 1 263 commissions communales chargées de la préparation et de la mise en œuvre de la campagne de lutte contre les incendies.
Concernant les mesures concrètes sur le terrain, Si Ali a indiqué que les sentiers forestiers ont été nettoyés de toute végétation inflammable, des tranchées coupe-feu ont été créées ou remises en état, des tours de guet ont été installées pour la détection rapide des départs de feu, et des points d’eau ont été aménagés pour faciliter les interventions.
Moyens logistiques renforcés
Sur le plan logistique, 544 véhicules de première intervention, 42 camions d’approvisionnement en eau, 497 tours de guet, ainsi que 40 colonnes mobiles équipées chacune de huit camions anti-incendie ont été mobilisés. À cela s’ajoute la mise en place de 120 postes avancés de lutte contre les incendies dans les zones les plus vulnérables.
Toujours selon Si Ali, la prévention et la détection précoce constituent les seuls moyens efficaces pour limiter les pertes humaines, les dégâts matériels et les atteintes à l’environnement. À ce titre, 35 drones ont été intégrés aux opérations de surveillance, en attendant l’acquisition de 80 autres qui seront répartis entre les conservations des forêts à travers le pays.
Abordant l’aspect pénal, le directeur a rappelé que la loi 23-21 relative aux forêts prévoit désormais des sanctions plus lourdes contre les auteurs d’incendies, allant jusqu’à la perpétuité, en plus d’amendes sévères.
Par ailleurs, les autorités insistent sur le rôle fondamental de la sensibilisation communautaire. Des campagnes d’information sont régulièrement organisées, en collaboration avec la Protection civile et la Gendarmerie nationale, afin de prévenir les comportements à risque, notamment l’allumage de feux à proximité des zones forestières.
Ferhat Zafane
