Confronté dès les années 1990 à une violence terroriste d’ampleur exceptionnelle, l’État a progressivement élaboré une approche globale, dont l’Armée nationale populaire (ANP) constitue le socle.
L’Algérie s’est imposée comme un acteur de référence dans la lutte contre le terrorisme. Le pays a compris que cette bataille n’était ni passagère ni conjoncturelle, mais qu’elle constituait un défi existentiel menaçant l’État national dans ses fondements et son régime républicain.
«Pour faire face à ce défi, le pays a fait preuve d’une conscience profonde de la nature de l’enjeu», souligne la revue El Djeïch, qui consacre, dans son numéro de février, un long dossier sur l’expérience algérienne dans la lutte contre ce fléau destructeur.
Confronté dès les années 1990 à une violence terroriste d’une ampleur exceptionnelle, l’État a progressivement élaboré une approche globale, où l’ANP constitue le socle de cette bataille. La cohésion sociale a également joué un rôle déterminant dans la victoire contre le terrorisme, dans un contexte marqué par l’absence quasi totale du soutien attendu de la communauté internationale.
«Aujourd’hui encore, le pays poursuit ses efforts avec la même détermination pour éradiquer ce qui subsiste de ce fléau transfrontalier, notamment face à la persistance des foyers d’instabilité dans le Sahel, faisant de l’Algérie un partenaire clé dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, ainsi que contre leurs liens avec le crime organisé, et plus particulièrement le trafic de drogue», précise El Djeïch.
Le lien sacré ANP-peuple
Toujours selon la revue, la cohésion populaire et la confiance dans les institutions de l’État, en particulier l’ANP, ont constitué le socle essentiel permettant de déjouer les desseins subversifs. Cette confiance a contribué à l’élaboration d’une approche sécuritaire parmi les plus abouties au monde.
Ce processus a été couronné par la victoire de l’Algérie sur le terrorisme, comme l’a réaffirmé le général d’armée Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’ANP, lors du séminaire international
«Géopolitique du terrorisme à l’ombre des nouvelles mutations mondiales», tenu le 7 mai 2025. Il a souligné que cette victoire est le fruit de la cohésion entre le peuple, l’armée et les institutions, ainsi que du développement d’une expérience nationale singulière dans la lutte et la prévention du terrorisme, tant sur le plan opérationnel que dans le cadre d’une approche globale et multidimensionnelle. «L’Algérie n’accepte aucune surenchère sur la lutte qu’elle a menée contre le terrorisme», a-t-il ajouté.
Une expérience pionnière
L’approche sécuritaire algérienne s’est ainsi cristallisée en une expérience pionnière, caractérisée par son exhaustivité, son efficacité et sa capacité d’adaptation aux mutations constantes de la menace terroriste. Elle ne résulte pas d’une circonstance exceptionnelle ou d’une réaction spontanée, mais d’un long cumul d’expériences de terrain et de leçons tirées d’une bataille prolongée et âpre.
«Cette approche repose sur une philosophie claire, fondée sur l’anticipation plutôt que la réaction, la dissuasion ferme à l’égard de toute tentative portant atteinte à la sécurité nationale, et un haut niveau de professionnalisme dans la gestion des différents scénarios», note El Djeïch, en soulignant le rôle central de l’ANP.
Le professionnalisme élevé, la formation continue et l’adaptation aux menaces asymétriques ont permis à ses unités de remporter des succès qualitatifs dans le démantèlement des réseaux terroristes et le tarissement de leurs sources de financement.
Chiffres à l’appui
Le bilan opérationnel 2022–2025 reflète une évolution qualitative dans la lutte antiterroriste. Les données de terrain montrent une érosion de la structure organisationnelle des groupes terroristes et un net recul de leur capacité d’action.
Si le nombre de terroristes neutralisés a légèrement diminué, totalisant 54 individus sur quatre ans, cet indicateur ne traduit pas un affaiblissement de l’effort opérationnel. Il illustre, au contraire, le succès de la stratégie sécuritaire préventive de l’ANP, visant à neutraliser les organisations avant qu’elles ne concrétisent leurs projets criminels.
Parallèlement, l’augmentation du nombre de terroristes se rendant aux forces de sécurité est particulièrement révélatrice de l’efficacité de l’action menée. Ce nombre est passé de 5 cas en 2022 à 8 en 2023, puis 27 en 2024, avant d’atteindre 38 en 2025.
Cette tendance traduit l’effondrement du moral des groupes terroristes résiduels, la diminution de leur capacité de recrutement et de résilience, ainsi que le succès du discours institutionnel, ayant contribué à isoler le terrorisme sur les plans idéologique et social, et à tarir ses différentes sources.
Synthèse F. Houali
