En raison de la situation de famine officiellement déclarée au Conseil de sécurité de l’ONU et qui sévit actuellement dans la bande de Ghaza, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a consacré l’essentiel de son intervention, hier, à ce sujet. Elle a estimé que « recourir à la famine comme méthode de guerre constitue un crime de guerre, et les décès qui en résultent pourraient également être considérés comme des homicides volontaires ».
Présentant le rapport politique lors de la réunion de son bureau d’Alger, Louisa Hanoune a pointé du doigt l’entité sioniste qui, selon elle, « a rejeté presque toutes les demandes des agences humanitaires établies de longue date, les empêchant ainsi de fournir la nourriture et l’aide vitale qui auraient permis de réduire la faim, la malnutrition et les maladies ».
« En réalité, l’entité sioniste veut transformer la bande de Ghaza en ghetto dont l’objectif est on ne peut plus clair : affamer la population pour la retourner contre les combattants de la résistance et liquider un maximum d’hommes, de femmes et d’enfants afin de fragiliser ce territoire », a-t-elle dénoncé.
La responsable du PT est également revenue sur la tentative, selon elle désespérée, de Benyamin Netanyahou de faire taire les voix qui dénoncent l’occupation, en évoquant les six journalistes palestiniens tués la semaine dernière. « Depuis le début du conflit, le 7 octobre 2023, pas moins de 240 journalistes palestiniens ont été tués à Ghaza, faisant de ce territoire la zone la plus meurtrière au monde pour la profession », a-t-elle déploré. Elle a ajouté que « l’entité sioniste cherche à instaurer un silence total sur ce qu’il se passe à Ghaza, en empêchant la presse internationale d’entrer librement et en visant ceux qui, sur place, continuent de témoigner malgré les risques».
Concernant la situation interne, Louisa Hanoune n’a pas éludé l’accident de bus meurtrier survenu la semaine dernière à El-Harrach. Elle a estimé que « cette tragédie n’est malheureusement pas la première, des dizaines d’accidents de la route, souvent mortels, étant enregistrés chaque semaine, au point que les médias les comparent désormais à un terrorisme routier ».
« Malgré cet état de fait, les autorités compétentes n’ont pris aucune décision ni mesure sérieuse pour protéger la vie des usagers, se contentant le plus souvent de rejeter la responsabilité sur les chauffeurs », a-t-elle poursuivi.
Une responsabilité partagée
Or, selon elle, « personne n’ignore l’état de délabrement avancé d’un grand nombre de bus, la pénurie criante de pièces de rechange et de systèmes de normalisation, l’absence de contrôles techniques dignes de ce nom, l’état catastrophique du réseau routier, y compris dans la capitale, l’entretien déficient des routes et autoroutes, ainsi que l’octroi douteux de marchés de réhabilitation dont les travaux ne tiennent que quelques mois ou aggravent les dégâts. Le pont de l’oued El Harrach, lieu même de l’accident, en est un exemple flagrant, sans oublier les conditions de travail insupportables des conducteurs ».
C’est pourquoi elle attribue la responsabilité à « plusieurs secteurs gouvernementaux, notamment celui des Transports », en appelant à « mettre un terme immédiat à cette machine à tuer en corrigeant les politiques qui l’alimentent et en sanctionnant tous les responsables complices par leur négligence et leur incurie, alors même que les accidents mortels se multiplient et que leur incapacité à anticiper ces drames est manifeste ». Elle a, à ce propos, soulevé une question restée sans réponse : « Où sont passés les budgets alloués à la réfection des routes ? »
Dans la foulée, la première responsable du Parti des travailleurs a également estimé que « la loi minière entrée en vigueur récemment constitue une prédation manifeste des ressources naturelles du pays ». Pire encore, elle a affirmé que « cette loi représente un véritable séisme qui secoue les fondements de la souveraineté nationale sur nos richesses minières ».
Ferhat Zafane
