Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boujemâa, a affirmé hier que le recouvrement des fonds détournés est une priorité du président de la République. Interrogé à ce propos lors de son passage au Forum de la Radio nationale, Boujemâa a rappelé qu’il s’agit d’«une priorité du président de la République, du gouvernement et de la justice».
Il a assuré que l’Algérie poursuivra sans relâche ses démarches judiciaires et diplomatiques pour récupérer ces avoirs. Les efforts menés dans ce cadre ont permis, selon lui, de récupérer la totalité des biens et des fonds détournés situés sur le territoire national, précisant que «les usines et infrastructures récemment inaugurées sont le fruit de ces démarches». En ce qui concerne les fonds détournés à l’étranger, le ministre a indiqué que l’Algérie a «mobilisé tous les moyens judiciaires, notamment les commissions rogatoires et les demandes d’entraide judiciaire, ce qui a permis d’obtenir des résultats significatifs grâce à la coopération de plusieurs pays». Il a toutefois souligné que «la différence entre les systèmes judiciaires constitue l’un des principaux obstacles à la coopération de certains États». Dans le même contexte, Boujemâa a salué le rôle du pôle pénal économique et financier dans le traitement des affaires de corruption, estimant qu’il a «acquis une expérience considérable» dans ce domaine.
Il a rappelé que la dernière révision du Code de procédure pénale a introduit des dispositions renforçant la sécurité juridique, notamment la protection des entreprises et des gestionnaires, grâce à des mécanismes alternatifs permettant de préserver les outils de production et les emplois, en privilégiant le règlement des dettes à la place des poursuites judiciaires immédiates. S’agissant du projet du code de la route, il a indiqué qu’il prévoit «un ensemble de mesures strictes, conformément à la feuille de route fixée par le président de la République pour réduire le fléau du terrorisme routier». Abordant un autre sujet, le ministre a évoqué la législation rigoureuse de lutte contre les bandes de quartiers, soulignant l’importance de l’implication de la société dans cette démarche «en accompagnant les services de sécurité et de gendarmerie à travers le signalement des comportements suspects». S’agissant du statut de la magistrature, Boujemâa a expliqué que ce texte vise à «renforcer l’autorité judiciaire en définissant les droits et les devoirs des magistrats, tout en garantissant leur protection matérielle et juridique afin qu’ils exercent leurs missions dans le cadre de la loi, à l’abri de toute suspicion».
Il a également annoncé la révision du système des pôles judiciaires, en vue «d’adopter un modèle à la hauteur des attentes placées dans le système judiciaire national». Concernant la numérisation du secteur de la Justice, le ministre a réaffirmé la volonté du département à achever ce processus, jugé essentiel pour la modernisation de l’administration judiciaire.
R.N.
