L’enjeu est aussi de consolider les passerelles entre institutions et médias.
Une journée d’étude intitulée «Médias et les élections locales 2026 : vers une couverture professionnelle, responsable et transparente » s’est ouverte, hier, au Centre international des conférences « Abdelatif Rahal », à Alger, en présence du ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani, du président de l’ANIE, Saad Arous, de membres du gouvernement, de représentants d’instances nationales, de directeurs d’établissements du secteur de la Communication, ainsi que d’universitaires et de spécialistes.
Les organisateurs la présentent comme la première rencontre de cette ampleur, de cette nature et de cette portée dans l’histoire de l’Algérie indépendante. Son objectif est de permettre aux journalistes d’acquérir des connaissances juridiques et médiatiques liées au processus électoral.
Une couverture au plus près du citoyen
À deux mois des élections locales du 28 novembre 2026, Saad Arous a plaidé, lors de son allocution, pour un renforcement de la coopération avec les médias et pour un accompagnement inscrit dans la durée. Il a appelé à une couverture « plus approfondie et spécialisée », au plus près des préoccupations du citoyen au niveau local, propre à éclairer les procédures, les échéances et les différentes étapes du processus, fondée sur la vérification de l’information, le professionnalisme et le respect de la liberté du choix électoral.
Selon le président de l’ANIE, la réussite d’un scrutin ne dépend pas seulement de la qualité de son organisation, mais aussi de la capacité du citoyen à en comprendre les étapes, à connaître les règles qui l’encadrent et à accéder en temps opportun à une information fiable. Tout en saluant le rôle des médias publics et privés lors des précédentes échéances, il a appelé à franchir un nouveau cap dans l’accompagnement médiatique des prochaines élections locales. Il a souhaité que cette journée marque le lancement d’un mécanisme permanent d’échange avec les professionnels, afin d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et d’y répondre.
Préserver le libre choix de l’électeur
Arous a insisté sur le rôle des médias dans l’accompagnement du citoyen tout au long du processus électoral, tout en soulignant la nécessité de préserver le libre choix de l’électeur. L’information électorale doit, à ses yeux, aider le citoyen à comprendre les étapes du scrutin sans chercher à orienter sa décision : il a invité à privilégier les faits, à favoriser le débat et à éviter toute démarche susceptible d’influencer la volonté de l’électeur. La liberté du choix est, a-t-il souligné, indissociable d’une information fiable, vérifiée et présentée dans son contexte.
Rigueur à l’ère numérique
Évoquant les mutations du paysage médiatique, il a relevé l’accélération de la circulation de l’information avec l’essor des plateformes numériques et du téléphone portable. Cette évolution, a-t-il estimé, accroît la responsabilité des professionnels des médias. Le défi ne réside plus seulement dans l’accès à l’information, mais dans sa vérification, sa contextualisation et sa restitution rigoureuse. Il a rappelé plusieurs exigences : distinguer information et opinion, respecter les personnes et la vie privée, s’interdire la diffamation, vérifier les données et garantir l’égalité des chances dans la couverture.
Le président de l’ANIE a enfin souligné que les locales constituent une échéance nationale et sociétale, qui ne relève pas de la seule responsabilité de l’ANIE, du ministère de la Communication, des partis ou des candidats. Chaque institution et chaque acteur impliqué, a-t-il relevé, assume une part de responsabilité dans la préparation et l’accompagnement de l’échéance. Il a mis en avant la coordination entre l’ANIE, le ministère et les différents organismes concernés, afin de réunir les conditions d’un bon déroulement du scrutin du 28 novembre, et réaffirmé la volonté de l’Autorité de maintenir un dialogue permanent avec la famille de la presse, estimant que la confiance repose sur la communication, la clarté et la fiabilité de l’information.
Arous a appelé à faire de cette journée le point de départ d’une coopération appelée à se poursuivre au-delà de la rencontre, à travers l’échange d’informations, d’expériences et de propositions. Il a souhaité que les travaux débouchent sur des recommandations « pratiques et concrètes », susceptibles d’accompagner la préparation des élections locales et de renforcer la coopération entre l’ANIE, le ministère de la Communication et les professionnels des médias.
Le programme comprend sept conférences, animées par des universitaires, des cadres de l’ANIE, du ministère de la Communication et de la justice : quatre portent sur les aspects juridiques, trois sur les aspects médiatiques, notamment la campagne électorale et ses règles, la pratique journalistique entre sensationnalisme et déontologie, et le rôle des médias dans le renforcement de la participation et de la conscience électorales.
L’après-midi, trois ateliers animés par des universitaires porteront sur l’éthique professionnelle et la vérification de l’information, le journalisme de données électorales, et les spécificités des médias locaux en période d’élections. La journée s’achèvera par des recommandations pratiques et un hommage aux participants.
Assia M.
