«L’Algérie a aujourd’hui besoin d’une volonté commune, capable de restaurer la confiance, de raviver l’espérance et d’ouvrir de nouveaux horizons pour notre peuple».
Le Premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, a appelé hier à un «consensus national fondateur», estimant que «l’Algérie a aujourd’hui besoin d’une volonté commune, capable de restaurer la confiance, de raviver l’espérance et d’ouvrir de nouveaux horizons pour notre peuple». À l’occasion de la commémoration du double anniversaire du 20 août – les attaques du Nord-Constantinois (1955) et le Congrès de la Soummam (1956), le FFS a tenu un séminaire politique d’évaluation dans la commune de Sidi Aïch.
Youcef Aouchiche a d’abord rappelé la portée historique de cette date, en saluant «deux moments majeurs de notre mémoire nationale». Pour lui, ces événements incarnent «le courage d’un peuple qui avait choisi de briser les chaînes du colonialisme pour s’élever vers la liberté». Soixante-dix ans après, le premier responsable du FFS estime que cette double commémoration demeure «un repère incontournable qui guide notre lutte pour l’avènement d’une Algérie démocratique et sociale, celle rêvée par nos martyrs et consacrée par le pacte de leur sang, en Novembre puis à la Soummam».
Évoquant l’héritage du Congrès de la Soummam, Aouchiche a tenu à souligner la modernité et la profondeur politique de ce texte fondateur, qui a su dépasser les divergences pour poser les bases d’un projet national fédérateur. «Le Congrès de la Soummam fut plus qu’une simple organisation de la lutte armée : il ouvrit la voie à l’idée d’un État moderne et démocratique, fondé sur la primauté du politique sur le militaire, sur la direction collégiale, la souveraineté nationale et la justice sociale», a-t-il affirmé. Il a également rappelé un extrait de la déclaration finale du Congrès : «La Révolution algérienne, malgré les calomnies de la propagande colonialiste, est un combat patriotique, dont la base est incontestablement de caractère national, politique et social.» Dans un contexte géopolitique régional jugé dangereux» et marqué par des «bouleversements inédits», le 1er responsable du FFS a appelé à tirer les leçons de l’histoire et à se montrer à la hauteur des sacrifices des martyr. «Cette phrase […] doit interpeller notre capacité à rester fidèles au serment des chouhada», a-t-il souligné.
Un projet national inclusif
Pour le FFS, la solution passe par un projet national rassemblant toutes les forces patriotiques. «Cette responsabilité historique ne peut être portée par un pouvoir seul, ni par un parti seul, ni par un groupe de personnes seul : elle interpelle toutes les forces patriotiques, attachées à l’indépendance, à l’unité nationale et aux valeurs démocratiques et républicaines», a-t-il martelé. Le 1er secrétaire national du plus ancien parti d’opposition a néanmoins relevé que «la responsabilité revient d’abord aux autorités», qui continuent de privilégier une gestion «essentiellement centralisée», «laissant peu de place à l’ouverture et au dialogue», et s’appuyant encore sur des décisions «ponctuelles» plutôt que sur «une concertation élargie». C’est dans cette perspective que le FFS «réitère, encore une fois, [son] appel en faveur d’un consensus national fondateur, capable de bâtir un État de droit, de consolider notre sécurité et d’ouvrir à notre pays les chemins de la stabilité et de la renaissance». À ses yeux, seul un «dialogue inclusif, responsable et transparent» pourra aboutir à un «consensus national» garant d’un avenir stable et prospère. Ce consensus, estime Aouchiche, «doit reposer sur une réforme politique et institutionnelle profonde, une ouverture véritable et une volonté commune de changement».
Youcef Aouchiche a conclu son intervention en s’appuyant une nouvelle fois sur l’héritage politique du Congrès de la Soummam, en forme d’interrogation et de défi à relever : «Sommes-nous capables aujourd’hui de renouveler cet exploit pour mettre notre pays à l’abri des dangers et lui offrir la démocratie, le développement et la prospérité ?» Et d’ajouter, optimiste : «Oui, si nous faisons confiance au génie du peuple algérien, à son patriotisme et à son sens du sacrifice, pour peu qu’on lui offre des cadres adéquats et une réelle participation politique.»
Islam K.
