On nous répète à longueur de discours que la France et l’Europe veulent «reprendre le contrôle de leurs frontières», «lutter contre les passeurs» et «mettre fin à l’immigration illégale».
Par R. C.
Les ministres européens multiplient les postures martiales, les plateaux télé s’enflamment et les campagnes électorales se nourrissent de ce théâtre politique. Mais la vérité est tout autre : l’immigration clandestine n’est pas seulement tolérée, elle est organisée, entretenue et exploitée.
Un esclavage moderne sous nos yeux
Dans les champs de Provence, dans les restaurants parisiens, sur les chantiers de la banlieue lyonnaise, des dizaines de milliers de sans-papiers travaillent à des salaires de misère. Ils n’ont ni droits, ni sécurité sociale, ni voix. Ils constituent la main-d’œuvre invisible qui fait tourner des pans entiers de l’économie française.
Pourquoi ce paradoxe ? Parce qu’un sans-papiers ne coûte rien. Pas de charges, pas de contrats, pas de syndicats. Corvéable à merci. L’employeur y gagne, l’État ferme les yeux, et les décideurs politiques continuent de faire semblant de s’indigner.
C’est cela, la vérité dérangeante : derrière les envolées contre l’immigration, se cache un esclavage moderne toléré par les démocraties européennes.
À Paris, les gouvernements successifs fustigent les «filières criminelles» et dénoncent la «submersion migratoire». Mais dans le même temps, ils savent très bien que les vendanges, les livraisons à domicile, le nettoyage et certains travaux de construction ne pourraient pas se faire sans ces bras invisibles qui se nichent même dans l’enceinte de l’assemblée française.
Le migrant clandestin devient un double outil économique : Le migrant clandestin permet de maintenir les coûts de production bas, politique, car il sert de bouc émissaire dans les discours sécuritaires.
Hypocrisie suprême : ce système profite aux élites économiques tout en nourrissant les campagnes électorales des mêmes responsables qui s’en prétendent les opposants.
Un problème entretenu, pas combattu
On entend régulièrement qu’il faut «casser les réseaux de passeurs». Mais un témoignage récent, relayé par la presse britannique, a mis les mots justes : «Le Royaume-Uni a les moyens de stopper cela, mais il a besoin de ce flux d’immigrants.»
La France pourrait dire la même chose.
Car la vérité est là : si les États européens voulaient réellement tarir les flux, ils le feraient. Les technologies existent, la coopération policière aussi. Mais couper le robinet reviendrait à priver des milliers d’employeurs d’une main-d’œuvre bon marché. Et cela, personne ne veut l’assumer.
Ce n’est donc pas une crise incontrôlée. C’est un système cyniquement orchestré :
On laisse entrer les migrants illégaux par milliers.
On les exploite sans leur donner de droits.
On agite ensuite leur présence comme une menace pour mobiliser l’électorat.
Le migrant clandestin est ainsi réduit à une double condition : esclave économique et monnaie politique.
Et c’est peut-être cela, le scandale le plus inavouable de l’Union européenne : elles n’ont pas besoin de résoudre la crise migratoire, car elles vivent de ses bénéfices.
Il faut arrêter de croire que l’Europe est dépassée. Elle n’est pas dépassée : elle est complice.
Elle n’est pas incapable de juguler les flux : elle n’en a pas la volonté.
Et tant que cette hypocrisie perdurera, les drames en Méditerranée et en Manche continueront d’alimenter un esclavage moderne sous nos yeux.
La question n’est plus : «Comment stopper l’immigration clandestine ?»
La vraie question est : «Quand l’Europe aura-t-elle le courage de renoncer à l’exploitation qui en découle ?»
R.C.
