Par Rédaction de Crésus
En août 2025, l’Indice FAO des prix alimentaires, baromètre de référence des denrées échangées à l’international, s’est établi à 130,1 points, contre 130,0 en juillet. Une variation marginale qui masque de fortes disparités sectorielles.
Hausse des prix des viandes (+0,6%), des huiles végétales (+1,4%) et du sucre (+0,2%).
Baisse des prix des céréales (–0,8%) et des produits laitiers (–1,3%).
En glissement annuel, l’indice affiche néanmoins une progression de 6,9 %, traduisant des tensions persistantes sur certains marchés stratégiques.
Céréales : abondance mais contrastes
La FAO révise à la hausse sa prévision de production céréalière mondiale pour 2025, qui atteindrait 2 961 millions de tonnes, un record historique, soit +3,5 % par rapport à 2024.
Maïs et sorgho : fortes hausses, grâce aux récoltes exceptionnelles attendues aux États-Unis et au Brésil.
Blé : légère révision à la baisse à 804,9 Mt, en raison d’une météo défavorable en Chine, compensée par de bons rendements en Europe.
Riz : hausse de 1 % à 555,5 Mt, portée par l’Indonésie, la Chine, l’Inde et le Bangladesh.
L’utilisation mondiale des céréales atteindrait 2 922 Mt, tirée par la demande en alimentation animale et aquacole, tandis que les stocks devraient grimper de 3,7 %, à près de 899 Mt, offrant un rapport stocks/utilisation jugé «confortable».
Viandes, huiles et sucre en tension
Viandes : Les prix atteignent un nouveau sommet historique, stimulés par la demande américaine en bovins et les importations chinoises, dopant les exportations australiennes et brésiliennes.
Huiles végétales : record en trois ans, soutenu par la perspective d’un renforcement du programme de biodiesel en Indonésie, alors que l’huile de soja fléchit grâce aux abondantes disponibilités mondiales.
Sucre : après cinq mois de baisse, un léger rebond s’explique par des inquiétudes sur les rendements brésiliens et une demande internationale vigoureuse.
Produits laitiers en recul
Le secteur laitier connaît une détente des prix, notamment du beurre, du fromage et du lait en poudre, conséquence d’une demande atone sur les marchés asiatiques.
Les engrais, une ombre au tableau
L’AMIS (Agricultural Market Information System), également piloté par la FAO, alerte dans son Market Monitor : les prix des engrais azotés grimpent plus vite que ceux des cultures. Cette érosion de la rentabilité agricole pourrait réduire les volumes d’engrais utilisés et, à terme, impacter les rendements, malgré l’actuelle euphorie sur les prévisions de production.
Si l’indice global reste stable, les signaux de marché sont contrastés :
Excédent céréalier à court terme, offrant une sécurité alimentaire relative.
Inflation sectorielle persistante sur les viandes, huiles et sucre, qui pèse sur les pays importateurs.
Fragilité structurelle liée aux coûts des intrants, pouvant mettre en péril la durabilité de cette abondance.
Le monde agricole vit ainsi une période paradoxale : la planète n’a jamais produit autant de nourriture, mais les équilibres demeurent fragiles, soumis aux aléas climatiques, aux tensions géopolitiques et aux coûts des intrants.
R.C.
