Alors que le marché de l’emploi algérien reste confronté à des défis majeurs, chômage des jeunes, inadéquation des compétences et mutations économiques rapides, le directeur général de l’Agence nationale de l’emploi(ANEM), Abdelkader Djaber, a souligné la progression remarquable de l’agence, qui, grâce à la transformation numérique, atteint désormais 400 000 placements par an, contre 250 000 avant 2020.
Une avancée notable. S’exprimant, hier, dans l’émission « L’invité du matin » de la Chaîne 1 de la Radio natioanle, Abdelkader Djaber a présenté une vision claire et ambitieuse pour moderniser le service public de l’emploi et mieux accompagner un marché du travail en pleine mutation.
Une réforme juridique indispensable
Le locuteur a indiqué que les textes régissant l’emploi, en particulier la loi 04-19 relative au placement et au contrôle de l’emploi, nécessitent aujourd’hui une révision profonde.
Les transformations numériques, l’évolution des métiers et les nouveaux besoins des entreprises imposent, selon lui, une actualisation du cadre juridique pour le rendre plus efficace et mieux adapté aux réalités du terrain.
Le DG a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les acteurs de l’emploi : service public, agences d’investissement, structures d’accompagnement entrepreneurial et opérateurs économiques.
Cette synergie, souligne-t-il, constitue une condition fondamentale pour développer un marché du travail plus cohérent, transparent et productif.
Mettre fin au passe-droit
Dans ce cadre, l’ANEM poursuit sa transformation numérique avec un objectif central : rendre 100 % des services accessibles en ligne.
Un nouveau système informatique, basé sur l’intelligence artificielle et conçu pour améliorer l’appariement entre offres et demandes d’emploi, sera opérationnel dès 2026.Cette modernisation permettra aux demandeurs d’emploi de s’inscrire à distance et garantira une réduction significative de l’intervention humaine dans le traitement des dossiers.
La plateforme numérique dédiée aux grands comptes, déjà utilisée par 26 grandes entreprises publiques dont Sonatrach, accélère considérablement les opérations de recrutement tout en renforçant la transparence du processus.
Des priorités assumées
Les jeunes de moins de 35 ans représentent 86 % des demandeurs d’emploi inscrits à l’ANEM, dont la moitié n’ayant aucun diplôme.
Pour répondre à leurs besoins, l’agence intensifie les ateliers de rédaction de CV, la préparation aux entretiens et les conférences organisées dans les universités.
Les bénéficiaires de l’allocation chômage bénéficient eux aussi d’un accompagnement renforcé. En mars 2025, plus de 600 000 d’entre eux ont été orientés vers des centres de formation professionnelle afin d’améliorer leur employabilité.
Entrepreneuriat et grands projets
Outre le salariat, l’État encourage désormais des alternatives comme le statut d’auto-entrepreneur, les incubateurs de projets et la création de micro-entreprises.
La dynamique est soutenue par plusieurs grands projets nationaux, notamment le projet minier de Gara Djebilet, la modernisation du réseau ferroviaire et le développement du phosphate à Tébessa, qui contribuent directement à absorber une partie importante du chômage.
Insertion des personnes aux besoins spécifiques
L’ANEM travaille à rendre ses agences accessibles aux personnes en situation de besoin spécifique (handicap) et forme ses conseillers à la langue des signes.
Plus de 4 200 demandeurs d’emploi handicapés sont inscrits, dont 499 déjà intégrés, soit 12 %.
Des résultats concrets sur le terrain
Grâce à ses efforts de modernisation et à la dynamique économique nationale, l’ANEM enregistre désormais 400 000 placements par an, contre 250 000 avant 2020.
En conclusion, Abdelkader Djaber a réaffirmé la volonté de l’agence à moderniser profondément le système national de l’emploi, de garantir la transparence et d’accompagner efficacement les jeunes et les entreprises dans un marché du travail en pleine évolution.
K.Z.
