La Kabylie, riche de son histoire, de sa culture et de sa contribution inestimable à l’indépendance du pays, ne saurait être instrumentalisée par un groupuscule agissant sous influence étrangère.
Dans une nouvelle publication parue, hier, le journal français «Le Monde» consacre un article au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), organisation classée terroriste par les autorités algériennes. Sous couvert d’analyse géopolitique, le quotidien brosse un portrait ambigu de ce groupe séparatiste, à la limite de l’apologie, en insistant sur ses prétendues démarches diplomatiques et ses tentatives de s’attirer des soutiens internationaux, notamment américains. Une posture qui soulève de nombreuses interrogations sur l’objectivité du traitement médiatique occidental lorsque les intérêts politiques et géostratégiques sont en jeu.
Dirigé par Ferhat Mehenni, en exil en France, le MAK ne cache plus ses accointances avec des puissances étrangères peu soucieuses de la stabilité de l’Algérie. Le mouvement revendique aujourd’hui ouvertement le soutien du Maroc et de l’entité sioniste dont l’hostilité à l’égard d’Alger est un secret de Polichinelle. Cette orientation appuie les accusations de manipulation extérieure et de collusion avec des agendas hostiles à l’unité et à la souveraineté de l’Algérie. Pourtant, «Le Monde», loin de souligner la gravité de ces alliances, semble les présenter comme des initiatives légitimes de diplomatie parallèle. Une posture étonnamment indulgente vis-à-vis d’une organisation dont le discours haineux, les appels à la division et l’incitation à la violence ont été documentés à maintes reprises.
Une menace officiellement reconnue par l’Algérie
L’Algérie, pour sa part, reste ferme sur sa position : le MAK constitue une menace réelle pour l’unité nationale et la paix civile. En mai 2021, le Haut Conseil de sécurité algérien a classé ce mouvement comme organisation terroriste, après une série d’enquêtes ayant révélé son implication dans des actes subversifs, y compris des projets d’attentats et des incendies criminels dans plusieurs régions du pays. Cette décision repose sur des éléments concrets et des aveux de membres interpellés, confirmant l’existence d’un plan de déstabilisation soigneusement orchestré.
Dans ce contexte, le traitement favorable réservé par une partie de la presse occidentale au MAK interroge. La mise en lumière de ses prétendues ambitions «pacifiques» ou «démocratiques» contraste fortement avec les réalités du terrain et la souffrance des familles touchées par les actes impliquant ce groupe. Cette approche sélective, souvent fondée sur des sources biaisées ou exclusivement issues du cercle du mouvement lui-même, participe d’une tentative plus large de diabolisation des institutions algériennes et de délégitimation de l’État.
Il est également pertinent de souligner que les prises de position de certains médias coïncident souvent avec les tensions diplomatiques opposant l’Algérie à certains pays, comme la France ou le Maroc. La tribune offerte par «Le Monde» au MAK n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une série de récits qui visent à construire l’image d’un Etat algérien répressif face à une «opposition» qu’on voudrait présenter comme légitime. Cette narration simpliste ignore volontairement le fait que le MAK n’est nullement représentatif des aspirations de la population kabyle, profondément attachée à son algérianité et soucieuse de préserver la cohésion nationale.
Face à ces tentatives de manipulation de l’opinion publique internationale, l’Algérie réaffirme son attachement à l’unité de son peuple et à la souveraineté de son territoire. La Kabylie, riche de son histoire, de sa culture et de sa contribution inestimable à l’indépendance du pays, ne saurait être instrumentalisée par un groupuscule agissant sous influence étrangère. Le MAK, loin d’incarner une quelconque revendication légitime, s’est depuis longtemps égaré dans des logiques de confrontation et de trahison, au mépris des valeurs que la région a toujours défendues.
Alors que la communauté internationale est régulièrement appelée à condamner les mouvements violents et séparatistes dans d’autres régions du monde, on est en droit d’attendre qu’elle fasse preuve de la même vigilance lorsqu’il s’agit de l’Algérie. Le traitement médiatique de groupes comme le MAK doit s’accompagner d’un minimum de responsabilité éditoriale. L’encensement d’une organisation terroriste, quelle qu’elle soit, demeure une faute grave, d’autant plus qu’elle émane de publications influentes. La liberté de la presse n’a jamais signifié le droit de relativiser la menace que représente le terrorisme sous toutes ses formes.
Assia M.
