Le Parti National Rifain (PNR) a vivement réagi, hier, à la décision rendue par le tribunal de Düsseldorf en Allemagne, qui a condamné le ressortissant marocain Youssef El Asrouti pour espionnage. Ce dernier aurait collecté et transmis des informations au profit du régime marocain sur des militants rifains établis en Europe. Pour le mouvement, cette affaire met en lumière des pratiques jugées «intolérables», ciblant des citoyens européens d’origine rifaine engagés dans la défense des droits et libertés.
Dans un communiqué, le PNR salue la fermeté de la justice allemande et rappelle que «le fait qu’un régime étranger tente d’intimider et de surveiller des citoyens sur le sol européen est inacceptable et doit appeler une réponse claire et ferme». Le parti dénonce une violation grave non seulement des droits fondamentaux, mais aussi de la souveraineté et de la sécurité des États européens.
Pour appuyer ses accusations, le PNR établit un parallèle historique avec l’affaire Ben Barka, symbole des dérives du régime marocain en matière de répression et de harcèlement à l’étranger. Selon lui, cette nouvelle affaire confirme la persistance de pratiques visant à réduire au silence les voix dissidentes, qu’elles soient au Rif ou au sein de la diaspora rifaine. «Le régime marocain doit être tenu pour pleinement responsable de toute atteinte à l’intégrité et à la sécurité des militants», insiste le parti.
Au-delà du cas de Düsseldorf, le PNR alerte sur une stratégie plus large d’ingérence du Maroc en Europe. Il évoque notamment l’instrumentalisation de lieux de culte à des fins politiques, les pressions exercées sur les communautés issues de la diaspora ainsi que des pratiques de corruption auprès de responsables politiques européens. Le parti appelle dès lors les institutions de l’Union européenne à ouvrir sans délai des enquêtes sur ces «tentatives répétées d’interférer dans les affaires intérieures» du continent.
La stabilité démocratique menacée
Le communiqué va jusqu’à qualifier le régime marocain «d’acteur non fiable», dont les méthodes s’apparentent à celles «d’un régime hors-la-loi». Une mise en garde forte, qui souligne selon le PNR la menace que représente Rabat pour la stabilité démocratique européenne. Le parti estime d’ailleurs que cette affaire doit servir de déclencheur pour repenser les relations politiques entre l’UE et le Maroc, rappelant que la sécurité des citoyens européens doit primer sur toute considération économique ou diplomatique.
En parallèle, le Parti National Rifain profite de cette affaire pour rappeler sa ligne politique : la défense des droits du peuple rifain et la dénonciation de ce qu’il appelle «l’annexion illégale du Rif par le Maroc». Dans ce contexte, il réaffirme sa détermination à poursuivre son combat sur la scène internationale, en cherchant à sensibiliser les opinions publiques européennes à la situation des Rifains. Pour le PNR, il est désormais urgent que les partenaires européens reconnaissent les droits légitimes du peuple rifain et accordent une attention accrue à sa cause, trop souvent occultée par des considérations géostratégiques.
Enfin, la condamnation prononcée par le tribunal de Düsseldorf est saluée comme une preuve de l’indépendance et du sérieux de la justice allemande. Pour le PNR, cette décision illustre la capacité d’un État européen à protéger ses citoyens et résidents contre les ingérences étrangères, et représente un signal fort adressé aux régimes tentés par de telles pratiques. Elle constitue aussi un précédent juridique important, qui pourrait encourager d’autres victimes à dénoncer publiquement des faits similaires.
À travers cette réaction, le Parti National Rifain entend placer la question des activités d’espionnage menées au profit du Maroc au centre du débat européen, insistant sur l’urgence d’une mobilisation politique et judiciaire face à des méthodes qu’il qualifie de «répressives et menaçantes». L’organisation estime que seule une réponse collective et ferme permettra de garantir la sécurité des militants, de protéger les diasporas et de préserver l’intégrité des démocraties européennes.
A.M.
