Les membres du Conseil de la Nation ont entamé, hier, le débat du projet de loi de Finances pour 2026. Le texte vise à renforcer l’investissement, à soutenir la diversification économique et à protéger le pouvoir d’achat, tout en intégrant des mesures en faveur de l’industrie nationale. Le vote du texte est prévu pour le jeudi 4 décembre.
Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a présenté, hier, devant les membres du Conseil de la nation le projet de loi de Finances (PLF) pour l’année 2026. Ce texte, déjà adopté par l’Assemblée populaire nationale (APN) le 18 novembre dernier, vise à renforcer la performance économique du pays, notamment dans les secteurs hors hydrocarbures, dont la dynamique s’est nettement accélérée ces dernières années.
Dans son exposé, le ministre a souligné que le PLF 2026 «vient consolider les acquis enregistrés dans l’économie nationale» et repose sur la progression notable des secteurs non liés aux hydrocarbures. Le document est élaboré sur la base d’un prix référentiel du baril de pétrole fixé à 60 dollars et d’un prix estimatif de marché de 70 dollars.
Pour l’exercice 2026, les dépenses de l’État devraient atteindre 17 636,7 milliards de dinars, tandis que les recettes budgétaires sont estimées à 8 009 milliards de dinars. Les recettes pétrolières, elles, sont prévues à 2 697,9 milliards de dinars. Le ministère table également sur une croissance économique de 4,1 % en 2026, qui devrait atteindre 4,4 % en 2027, puis 4,5 % en 2028, grâce aux performances attendues des secteurs hors hydrocarbures.
Des mesures saluées
Lors de la séance, le président du Conseil de la Nation, Azouz Nasri, a vivement salué les décisions récemment annoncées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du dernier Conseil des ministres. Parmi celles-ci figurent la revalorisation du salaire minimum garanti, porté de 20 000 à 24 000 dinars dès janvier 2026, ainsi que l’augmentation de l’allocation chômage, qui passera de 15 000 à 18 000 dinars. M. Nasri a qualifié ces mesures d’«historiques et inédites», affirmant qu’elles traduisent « la volonté de l’État, sous la conduite du président de la République -garant des intérêts du peuple- de répondre aux aspirations des citoyens et d’améliorer leur niveau de vie». Il a ajouté que ces décisions constituent «un acquis supplémentaire à mettre au crédit de la politique clairvoyante» du chef de l’État.
Le projet de loi prévoit également des dispositions fiscales et sociales destinées à protéger le pouvoir d’achat, soutenir la relance économique et encourager l’investissement. En marge des débats Nasri a évoqué la conférence internationale sur les crimes coloniaux en Afrique, organisée à Alger sous le haut patronage du président Tebboune et en coopération avec l’Union africaine. Il a exprimé une «grande fierté» quant au rôle de la diplomatie algérienne dans la défense des peuples africains et la préservation de la mémoire du continent. «Le passé vécu par l’Afrique ne s’effacera jamais, quel que soit le temps qui passe», a-t-il déclaré, soulignant l’importance de cette initiative pour la reconnaissance et la justice historiques.
Les préoccupations de la commission
De son côté, Noureddine Habib, rapporteur de la Commission des affaires économiques et financières, a exposé le rapport préliminaire élaboré par la commission, mettant en avant les principaux axes du texte ainsi que les interrogations soulevées par les membres de la Chambre haute.
Selon le rapport présenté, les prévisions de croissance retenues par le gouvernement -4,1 % en 2026, 4,4 % en 2027 et 4,5 % en 2028- confirment la trajectoire ascendante de l’économie nationale. La commission a souligné les priorités fixées par l’Exécutif : relance de l’investissement, diversification économique, accélération des projets structurants et développement des exportations hors hydrocarbures.
Le rapporteur a mis en relief les mesures législatives contenues dans le projet de loi, notamment celles visant à protéger le pouvoir d’achat des citoyens, à soutenir l’allocation chômage, à renforcer le système de retraite et à améliorer l’accès au logement. Il a également évoqué les nouvelles dispositions fiscales incitant les entreprises à régulariser leurs dettes.
Les membres de la commission ont toutefois soulevé plusieurs préoccupations : la réduction du déficit du Trésor, l’impact réel de la croissance sur la vie quotidienne des citoyens, la maîtrise de l’inflation et la régulation des prix, l’amélioration des conditions d’investissement, la diversification effective de l’économie -notamment dans l’agriculture, l’industrie et le tourisme-, la lutte contre le marché parallèle et la circulation informelle de devises, l’achèvement des projets publics en retard, la gestion du dossier de l’importation de véhicules, l’efficacité du système fiscal et douanier actuel, ainsi que la question du financement des nouvelles wilayas.
Islam K.
