L’Algérie s’engage à œuvrer conjointement avec la partie mauritanienne à la mise en œuvre des protocoles d’accord et des conventions conclus et à les traduire en projets concrets.
Le ministre de l’Energie et du Pétrole de la République islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Khaled, a entamé, hier, une visite de travail de deux jours en Algérie, à la tête d’une importante délégation, composée de hauts responsables du secteur énergétique mauritanien.
La délégation comprend notamment des dirigeants de la Société mauritanienne des hydrocarbures (SMH), de la Société mauritanienne d’électricité (Somelec) ainsi que de la Société mauritanienne de raffinage (Somir).
Lors d’une réunion tenue au siège du ministère de l’Energie, entre le ministre d’État, Mohamed Arkab, le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Ajal, et le ministre mauritanien, les deux responsables algériens ont réaffirmé l’engagement de l’Algérie à renforcer ses relations fraternelles et stratégiques avec la Mauritanie dans les domaines de l’énergie, des hydrocarbures et des mines, et à œuvrer conjointement à la mise en œuvre des protocoles d’accord et des conventions conclus et de les traduire en projets concrets ayant un impact économique et développemental, contribuant ainsi à soutenir la stabilité énergétique et à renforcer l’intégration régionale en Afrique du Nord et dans la région du Sahel.
Pour sa part, le ministre mauritanien, saluant l’expérience de pointe dont dispose l’Algérie dans les domaines des hydrocarbures, des mines et de l’énergie, a exprimé le souhait de son pays de tirer parti de celle-ci, notamment par le développement de partenariats techniques et d’investissement et le renforcement des programmes de formation et de renforcement des capacités.
Lors de sa visite de deux jours, le ministre mauritanien tiendra également des réunions de travail avec des responsables des groupes Sonatrach et Sonelgaz afin de s’informer de l’expérience algérienne dans les domaines de l’exploration et de la production, du développement des infrastructures énergétiques, de la gestion des systèmes d’électricité et de gaz, ainsi que des programmes de formation et de renforcement des capacités.
Un pays en pleine transformation
La Mauritanie a réalisé d’importants progrès pour devenir un acteur régional sur le marché du gaz naturel. Son secteur des hydrocarbures connaît une transformation majeure, passant d’une production pétrolière marginale à un rôle d’acteur gazier régional avec le lancement du projet géant Grand Tortue Ahmeyim (GTA) fin 2024. Partagé avec le Sénégal, sa capacité de production est de 2,5 millions de tonnes de GNL par an.
Face aux multiples vulnérabilités que connaît son secteur des hydrocarbures, l’expertise algérienne ne peut qu’être bénéfique, surtout que Sonatrach, déjà active dans plusieurs pays du continent, revendique une expertise éprouvée dans toute la chaîne de valeur des hydrocarbures.
L’offensive africaine
Cette visite du ministre mauritanien s’inscrit dans le cadre du regain de dynamisme des relations de coopération entre l’Algérie et les pays africains, visant à renforcer la coopération Sud-Sud, notamment dans les secteurs stratégiques ayant un impact direct sur le développement économique et social. Après avoir consolidé son partenariat avec l’Union européenne en s’affirmant comme partenaire énergétique incontournable, l’Algérie ambitionne de capitaliser cette position en brassant large sur le continent africain pour jouer pleinement son rôle de connexion vitale entre l’Afrique et l’Europe. Depuis le début de cette année, le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, a multiplié les visites dans les pays africains.
A l’occasion du Semica Tchad 2026 qui s’est tenu du 21 au 23 janvier, le ministre d’Etat s’est entretenu avec la ministre tchadienne du Pétrole, des Mines et de la Géologie, Ndolenodji Alixe Naïmbaye. Mohamed Arkab a réaffirmé, à l’occasion, la volonté de l’Algérie de consolider les relations de coopération avec la République du Tchad. Les entretiens ont aussi porté sur la coopération sur l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur des hydrocarbures.
Pour rappel, le 26 janvier, Mohamed Arkab s’était rendu au Niger pour examiner l’avancement des projets pétroliers conjoints, notamment le gazoduc transsaharien TSGP. Vendredi dernier, la visite du ministre d’Etat au Burkina Faso a abouti à la signature d’accords de coopération dans plusieurs domaines stratégiques entre les deux pays.
Par ailleurs, l’Institut algérien du pétrole (IAP), relevant du groupe Sonatrach, a signé, le 9 février dernier, à Dakar, une convention de formation avec l’Institut national du pétrole et gaz du Sénégal (INPG). Concernant ce pays, un accord existe entre la Sonatrach et la sénégalaise Petrosen, avec un fort intérêt du Sénégal pour l’expertise algérienne en exploration, prospection et formation. En octobre 2025, le ministre algérien de l’Énergie, Mohamed Arkab, et son homologue sénégalais ont discuté de la coopération bilatérale, visant un partenariat global dans les hydrocarbures.
L’offensif algérienne ne se limite pas aux pays voisins. En effet, à travers la Sonatrach, Alger compte étendre sa zone d’influence vers des pays comme la Tanzanie, le Mozambique et l’Angola.
S. Smati
