Le mandat de l’Algérie en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU prend fin aujourd’hui. Deux années durant, Elle a mis sa présence au sein de cette instance au service des causes justes, réaffirmant avec constance la nécessité d’une réforme profonde du Conseil de sécurité.
Tout au long de son mandat, l’Algérie a plaidé avec vigueur pour «corriger une vérité historique» comme le rappelait souvent le président Tebboune, en défendant notamment avec acharnement l’octroi à l’Afrique de deux sièges permanents assortis du droit de veto, ainsi que de cinq sièges non permanents supplémentaires, afin d’assurer une représentation plus équitable du continent.
En ce sens, Alger n’a eu de cesse de dénoncer les dysfonctionnements d’un Conseil de sécurité paralysé par l’usage du veto des membres permanents, estimant que la démocratisation du système onusien passe nécessairement par une répartition plus juste des sièges et des voix, tant sur le plan géographique que politique. Pour l’Algérie, la réforme du Conseil de sécurité ne saurait se limiter à une simple question arithmétique.
Elle constitue avant tout une adaptation indispensable de l’ONU aux réalités géopolitiques contemporaines, dans la perspective de bâtir un multilatéralisme plus équilibré, plus représentatif et plus crédible. Cette démarche s’inscrit dans la dynamique africaine portée notamment par le Comité des dix chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (C-10). À ce titre, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a rappelé, lors de la dernière réunion ministérielle préparatoire au 5ᵉ Sommet du C-10, que «l’Afrique doit parler d’une seule voix sur la question de la réforme du Conseil de sécurité et sur toutes les autres questions qui touchent notre continent».
Il a souligné que la position commune africaine constitue « la seule voie possible pour faire entendre efficacement la voix collective du continent et promouvoir un système multilatéral sain, fondé sur les règles, les principes et les idéaux consacrés par la Charte des Nations unies».
La Palestine au cœur d’une diplomatie engagée
L’attachement de l’Algérie à l’action africaine commune a également été réaffirmé lors de la réunion, tenue au début du mois en cours, du groupe A3+, réunissant les membres africains non permanents du Conseil de sécurité -l’Algérie, le Sierra Leone, la Somalie et le Guyana- ainsi que les nouveaux membres dont le mandat débutera demain.
La voix algérienne au sein du Conseil de sécurité a permis de rappeler, avec force, l’attachement du pays aux principes de décolonisation et de défense des peuples opprimés. Fidèle à son soutien indéfectible au peuple palestinien, érigé en «priorité absolue», l’Algérie s’est imposée comme l’un des principaux défenseurs de la cause palestinienne au sein de l’instance onusienne.
Elle a multiplié les initiatives en faveur d’un cessez-le-feu immédiat, soumis des projets de résolution exigeant l’arrêt des bombardements et convoqué des réunions d’urgence consacrées aux atrocités commises dans la bande de Ghaza.
Sous la conduite de son représentant permanent, Amar Bendjama, la mission algérienne a fait preuve d’une ténacité et d’une constance remarquables face aux alliés de l’entité sioniste. Sans détour, elle a dénoncé la nature coloniale de cette entité et mis en lumière les actes à caractère génocidaire commis contre le peuple palestinien.
Parallèlement, l’Algérie a activement œuvré à l’acheminement de l’aide humanitaire vers Ghaza et plaidé pour la reconnaissance de l’État de Palestine comme membre de plein droit des Nations unies. En dépit des critiques quant à son vote en faveur du plan de paix américain pour Ghaza, l’Algérie reste le plus acharné des défenseurs d la cause palestinienne.
Règlement pacifique des conflits
Outre son engagement sans faille pour la cause palestinienne, l’Algérie a assumé sa mission de défense des autres causes justes et de promotion des solutions pacifiques en convoquant des réunions d’urgence sur plusieurs foyers de crise, notamment au Soudan, au Yémen, au Liban, en Libye, en Syrie, en République démocratique du Congo, en Haïti et en Colombie. Son action s’est inscrite dans une logique de règlement politique et diplomatique des conflits, rejetant toute ingérence étrangère source de déstabilisation et de désintégration des États.
Dans cette optique, l’Algérie a appelé par la voie de son représentant permanent, au retrait des forces étrangères de la Libye, du Soudan et de la République démocratique du Congo. Concernant la question sahraouie, l’Algérie a maintenu sa position constante en faveur du droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.
Elle a refusé de voter la résolution 2797, jugée déséquilibrée, lors du renouvellement du mandat de la Minurso en octobre 2025, tout en parvenant à introduire des amendements majeurs réaffirmant le droit à l’autodétermination et la centralité de la question sahraouie au sein de l’Assemblée générale, du Conseil de sécurité et du Comité spécial de la décolonisation. Lors de la présidence algérienne du Conseil de sécurité en janvier 2025, 37 réunions ont été organisées, contre 29 en janvier 2024, avec l’adoption de 11 résolutions et la tenue de sessions de haut niveau consacrées à la cause palestinienne et à la lutte contre le terrorisme en Afrique.
Cette présidence a été largement saluée pour son efficacité en matière de médiation et de gestion des crises internationales. D’ailleurs, Amar Bendjama, a été désigné «Diplomate de l’année 2025» par le média indépendant américain «PassBlue» à la suite de son sondage d’opinion annuel auprès de son audience pour désigner les personnalités onusiennes de l’année 2025.
PassBlue a précisé, dans son article, que M. Bendjama «a particulièrement défendu la cause palestinienne» déclarant sans détour à ses collègues et au monde entier, par exemple, qu’à Ghaza: «Ce que nous voyons n’est pas une guerre, c’est une annihilation, non seulement des personnes, mais de la vie elle-même». Fidèle à ses principes, l’Algérie achève donc son mandat avec le sentiment du devoir accompli.
A.I
