Le Premier Secrétaire National du Front des Forces Socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, a exposé hier à Béjaia les enjeux politiques entourant les prochaines échéances électorales, législatives et locales.
A l’occasion des préparatifs de la conférence nationale des élus du FFS, Youcef Aouchiche a rappelé que cette série de conférences de wilaya des élus «s’inscrit dans la préparation de la conférence nationale des élus», laquelle sera, en 2025, entièrement consacrée aux futurs scrutins.
Il a souligné que la décision du FFS de participer aux prochaines échéances «découle de la volonté de préserver les espaces de liberté, de défendre les espaces d’organisation pacifique dans le pays et de donner plus de chances à l’alternative démocratique et sociale de s’exprimer». En somme, pour le Premier Secrétaire, la participation du FFS s’inscrit dans une démarche politique claire : défendre un projet, une vision et rester à l’écoute « des espérances et des espoirs » des citoyens pour la construction d’un État capable de répondre à leurs aspirations politiques, sociales et économiques.
Un appel à la responsabilité collective
Youcef Aouchiche a ensuite mis en garde contre ce qu’il qualifie d’« entreprise de dépolitisation » visant, selon lui, à affaiblir l’engagement citoyen et à imposer « un contrôle absolu sur la société ». Il a dénoncé les tentatives de substitution de la représentation démocratique par des formes qui seraient coupées de la souveraineté populaire.
Le Premier Secrétaire a insisté sur les dangers de l’abstention, de la démission politique et d’un certain « je-m’en-foutisme » qu’il juge menaçant pour « la continuité même de notre État national ».
Cette prise de position s’accompagne d’un appel à la responsabilité collective : celle des acteurs politiques, économiques, sociaux, mais aussi du gouvernement et des institutions. Le FFS affirme vouloir contribuer au rétablissement de la confiance entre les citoyens et l’État.
Garantir un État résilient
A cet égard, Youcef Aouchiche a réaffirmé que le projet politique du FFS repose sur deux fondements majeurs : La préservation du pays, de son unité, de son intégrité territoriale, de sa souveraineté et de sa cohésion sociale. La démocratisation des institutions, devenue selon lui « une réalité incontournable » pour garantir un État résilient face aux pressions internes et externes.
« L’enjeu est de taille », a-t-il insisté, estimant que les choix politiques actuels sont directement liés à l’avenir du pays, à celui des générations futures et aux aspirations profondes de la société.
Revenant sur la position du FFS, Youcef Aouchiche a assuré que la participation du parti aux prochains scrutins a été décidée « en toute autonomie et en toute liberté », sur la base d’une analyse approfondie de la situation nationale ainsi que des enjeux géostratégiques régionaux et internationaux.
Renouer avec l’exercice politique
Youcef Aouchiche a affirmé que les prochaines échéances électorales pourraient constituer « une base pour redresser la confiance » entre citoyens et institutions, à condition que les conditions politiques nécessaires soient réunies. Pour le Premier Secrétaire, ces élections représentent également l’opportunité de « redonner tout son sens à la représentation politique » et de renouer avec un exercice politique effectif.
Il a rappelé que la position actuelle du FFS «s’inscrit dans la continuité naturelle » de celle adoptée en 2021 ainsi que lors de l’élection présidentielle, durant laquelle le parti avait défendu « un projet différent, une vision claire pour le pays » et les droits et libertés des citoyens. Aouchiche a évoqué les accusations portées à l’époque contre le FFS, accusé alors de « trahir » sa ligne ou d’entretenir des « accointances avec le pouvoir ».
Revenant sur cette période, il a souligné que ceux qui critiquaient le parti pour sa participation se retrouvent aujourd’hui « les premiers à se précipiter » pour annoncer leur engagement dans les prochaines élections. Une évolution que le FFS dit accueillir favorablement : « Nous nous réjouissons qu’il y ait cette effervescence, que l’ensemble des acteurs politiques se soient rendus à l’évidence que la bataille du changement doit se mener sur le terrain politique. »
Aussi, a-t-il appelé les citoyens à rompre avec « la démission, le fatalisme et la résignation », et le pouvoir à abandonner « ses réflexes autoritaires » et la tentation de contrôle absolu sur la société.
Islam K.
