Il fut un temps où Saïd Sadi incarnait la lucidité politique et le courage de parole.
Aujourd’hui, il s’enferme dans un discours où la Kabylie est éternellement persécutée, où le reste de l’Algérie devient suspect, et où la cause nationale se transforme en prétexte personnel.
Sous l’épée de Damoclès – sans doute de peur de perdre ses biens, ses réseaux et ses cercles d’influence à Paris ou à Marseille – l’homme s’est mué en gardien de son confort plus qu’en défenseur d’une patrie unie.
Son dernier combat n’est plus pour les idées, mais pour sa propre image. Quelle tristesse pour un chevronné de la po…
Par Samir MÉHALLA
Le psychiatre, le Dr Saïd Sadi (connu sous le «nom de guerre» de Saïd samedi et demandez pas pourquoi), a accordé un entretien où il dénonce, accuse et s’érige en porte-parole de la Kabylie. Le piège du psychiatre averti !
Son discours, présenté comme une vérité historique, est en réalité une construction : il joue sur les blessures, amplifie les rancunes et entretient un statut de victime qui ne sied pas à un peuple fier.
La Kabylie n’est pas seule dans notre honorable Histoire, Docteur !
Il est très vrai que la Kabylie a participé avec courage aux combats émancipateurs. Nous l’avons dit, le reconnaissons et nous en sommes très fiers vue que nous avons tous une veine amazighe…
Mais affirmer qu’elle en est «toujours à l’avant-garde», non seulement c’est ridicule et encore cela revient à effacer d’un trait le rôle des autres régions, des autres tribus, des autres villes qui ont saigné, combattu et résisté. Pas sympa Docteur Sadi.
L’Algérie s’est libérée dans l’unité.
Nul n’a le droit de transformer ce patrimoine commun en capital politique régional.
La posture de victime : un mauvais rôle
Se dire victime permanente peut servir minablement un discours militant de petitesse, mais ne construit rien.
La Kabylie n’est pas une victime, elle est une composante forte et vivante de l’Algérie.
Le malheur commence lorsque certains s’installent dans cette position pour revendiquer un traitement spécial ou pour nourrir un ressentiment infini.
Cette victimisation permanente sert les ambitions de ceux qui rêvent d’une Algérie fragmentée.
La 5ᵉ colonne et l’ombre française
L’histoire est claire : la division a toujours été l’arme préférée des puissances étrangères.
Aujourd’hui encore, la France jacobine et ses relais locaux — cette 5ᵉ colonne infiltrée dans les médias, les ONG, les réseaux d’influence, partout, partout, partout — n’ont qu’un but : dresser les Algériens les uns contre les autres, ethniciser la politique, pousser à la rupture.
La Kabylie n’est pas la cible innocente que l’on instrumentalise malgré elle.
Elle est parfois utilisée volontairement par certains de ses propres enfants qui reprennent les récits étrangers mot pour mot.
Le MAK : un prétexte, mais aussi une réalité
Saïd Sadi prétend que le MAK n’est qu’un prétexte brandi par le pouvoir.
Archi faux. Un bobard de Si Saïd comme il sait bien les tricoter.
Le MAK est un mouvement qui, de lui-même, a adopté une ligne ouvertement séparatiste, contraire à l’unité nationale.
On ne peut pas défendre l’Algérie en fermant les yeux sur ceux qui veulent la couper en morceaux.
À ceux qui croient servir la Kabylie en la coupant de l’Algérie, à ceux qui manipulent l’histoire pour se fabriquer le costume éternel de victime, à ceux qui reprennent, volontairement ou par naïveté, les scénarios écrits à Paris ou ailleurs : sachez-le — vous jouez avec le feu.
Ce feu, c’est celui que nos ennemis rêvent de voir ravager l’Algérie.
Et dans ce brasier, il n’y aura ni vainqueur, ni région préservée.
L’Algérie a survécu à la colonisation, au terrorisme et aux crises, elle survivra aussi aux discours qui veulent l’affaiblir.
Unis, les Algériens sont invincibles.
Divisés, nous sommes à la merci de ceux qui, depuis longtemps, n’attendent que notre chute.
Quand la victimisation devient un outil politique puissant
Saïd Sadi brosse le portrait d’une Kabylie éternellement persécutée, seule flamme de la liberté dans un pays qui l’étoufferait. Mais derrière les mots, la posture interroge: que vaut un discours qui prétend défendre une région tout en creusant les fossés avec le reste de la nation ?
Et surtout, à qui profite ce récit ?
| Ce que dit Saïd Sadi | Ce que dit l’Histoire |
| «L’Algérie vit une profonde répression politique contre la Kabylie.» | Les tensions, quand elles existent, elles touchent l’ensemble du pays. Les enjeux sécuritaires, économiques et sociaux ne sont pas spécifiques à une seule région. |
| «La Kabylie a toujours été à l’avant-garde des combats émancipateurs.» | Elle y a contribué. Mais d’autres régions – de l’Aurès au Mzab – ont payé le prix fort pour la liberté. L’histoire est collective. |
| «La culture berbère est réprimée.» | Tamazight est langue nationale et officielle, enseignée et médiatisée. Un Haut Conseil de l’Amazighité est relié directement à la présidence de la République. La langue amazighe est enseignée dans nos écoles. Les défis restent réels, mais nier les avancées affaiblit le débat. |
| «Le Hirak est l’héritier direct du combat kabyle.» | Le Hirak est né d’une colère nationale, partagée de Tamanrasset à Oran. En faire un héritage exclusif, c’est réduire un mouvement populaire à un agenda régional. C’est mesquin de manipuler et d’user des techniques de la manipulation dans un torchon raciste. |
| «Le MAK est un simple prétexte du pouvoir.» | Il faut peut-être mettre sur la table preuves et arguments, le MAK, pour le commun des Algériens, est surtout un mouvement séparatiste assumé, incompatible avec l’unité nationale. |
| «La Kabylie est victime du pouvoir central.» | La Kabylie est une force vive de l’Algérie et de toute la nation. La réduire à un statut de victime, c’est servir ceux qui veulent diviser. |
Le piège de la 5ᵉ colonne
Ce discours ne flotte pas seul dans l’air. Il est amplifié, repris, instrumentalisé par ceux qui, depuis l’étranger, depuis la France surtout, rêvent d’une Algérie balkanisée. La France jacobine et ses relais médiatiques savent que l’arme la plus efficace n’est pas le canon, mais le soupçon. Faire croire que l’Algérie est incapable de traiter ses enfants de manière égale, c’est préparer les esprits à accepter la division.
L’Algérie ne tombera pas dans ce piège.
Elle a survécu aux colonisations, au terrorisme et aux guerres de l’ombre.
Elle survivra aussi aux récits tronqués, aux agendas masqués et aux ambitions personnelles déguisées en luttes populaires.
Unis, nous sommes invincibles. Divisés, nous ne sommes que la proie de nos ennemis.
S.M.
