L’APPO plaide pour des partenariats efficaces entre pays africains et pour le renforcement de la coopération interafricaine.
Le secrétaire général de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), Farid Ghezali, a plaidé, hier, pour un renouvellement des partenariats entre l’Afrique et les pays extra-africains, appelant à davantage d’équité. Intervenant sur les ondes de la Chaine 3, Farid Ghezali a expliqué que dans les partenariats actuels, pourtant dits stratégiques, le continent ne bénéficie toujours pas des retombées économiques positives et palpables, ni du développement humain escompté pour ses peuples.
Résultat de déséquilibres flagrants dans les contrats internationaux d’exploitation de ses ressources, et ce, sur plusieurs générations déjà. Pour le SG de l’APPO, l’Afrique a besoin d’un nouveau type de partenariat international fondé sur la création de valeurs partagées. Cette demande n’est pas venue de nulle part, a-t-il indiqué, ajoutant que c’est venu après une analyse de ce qui se fait en Afrique.
Pour le responsable de l’APPO, «il est temps de revoir nos partenariats de manière sincère et honnête », rappelant que les ressources naturelles appartiennent aux pays africains. L’objectif est de parvenir à des contrats permettant aux investisseurs de rentabiliser leurs projets tout en garantissant aux Etats la maîtrise de leurs ressources.
Harmoniser les cadres réglementaires actuels
La concrétisation de cet objectif passe, selon le SG de l’APPO, notamment, par l’harmonisation des codes pétroliers des 18 pays membres de l’APPO. En effet, la diversité des cadres réglementaires actuels peut affaiblir la position des États africains dans leurs négociations avec les investisseurs. Soulignant que «l’investisseur n’est pas le décideur», Farid Ghezali, a appelé à établir des règles claires, transparentes et équilibrées. Pour lui, la souveraineté énergétique commence par la capacité des Etats à définir eux-mêmes les conditions d’exploitation de leurs ressources.
Prioriser le raffinage
Parmi les maillons faibles du continent, Farid Ghezali a cité le raffinage. Selon lui, l’Afrique produit à peu près 7 à 8 millions de baril par jour de pétrole mais qui ne raffine que 30%. Ce qui induit en parallèle des importations énormes de produits raffinés.
La situation actuelle montre, selon lui, les risques de cette dépendance. Il cite notamment les tensions sur les approvisionnements en carburants au Congo-Brazzaville. À l’inverse, l’Algérie est présentée comme un exemple de résilience grâce à ses capacités de raffinage. «C’est ce qu’on appelle avoir la main sur son énergie et sur ses ressources», affirme-t-il. L’APPO travaille ainsi sur un modèle africain de raffinage, avec notamment le développement de raffineries régionales destinées à réduire la dépendance du continent aux marchés internationaux.
Maitriser le financement
Pour ce qui est du financement, la démarche semble se baser sur l’adage qui dit qu’on est mieux servi que par soi-même. A ce titre, la Banque africaine de l’énergie constitue un élément important de la stratégie pensée par l’APPO. Selon Farid Ghezali, les principales étapes opérationnelles ont été franchies et les dernières formalités administratives doivent permettre son entrée en activité avant la fin de l’année.
Soutenue notamment par Afreximbank et dotée d’un capital initial annoncé de 500 millions de dollars permettant une levée de fonds de 5 milliards, cette institution doit financer des projets énergétiques africains : corridors gaziers, réseaux électriques, électrification, raffineries régionales et infrastructures de stockage. L’objectif affiché est de commencer à financer plusieurs projets dès 2027, en donnant la priorité aux projets jugés bancables.
Capitaliser le contenu local africain
L’APPO mise également sur le contenu local africain. Une plateforme consacrée aux appels d’offres énergétiques est désormais opérationnelle. Elle doit permettre aux entreprises des pays membres d’accéder plus facilement aux opportunités disponibles sur le continent. L’objectif est d’améliorer l’intégration des entreprises africaines dans les chaînes de valeur énergétiques et d’atteindre 50 % d’intégration du contenu local à l’horizon 2030, selon le secrétaire général de l’APPO.
Réhabilité la formation
L’APPO prépare une plateforme numérique regroupant les instituts africains de formation ainsi qu’un catalogue continental des formations. L’objectif est de faciliter les échanges entre pays et de mieux valoriser les capacités disponibles sur le continent. Dans ce contexte, Farid Ghezali a souligné l’Algérie occupe une place de premier plan dans le dispositif africain de formation aux métiers des hydrocarbures.
S. Smati
