L’Algérie demeure toujours un acteur majeur dans la production et l’exportation de gaz naturel. Chaque année, le pays produit plus de 100 milliards de m3 de gaz naturel.
Selon le dernier rapport du groupe de réflexion européen Bruegel basé sur les données de Bloomberg et GIE (Gas Infrastructure Europe), l’Algérie a exporté pour 29 milliards de m³ vers l’Union européenne durant les neuf mois de l’année en cours. Malgré une baisse de plus d’un milliard de m³, par rapport à la même période de l’année dernière, l’Algérie maintient sa position de fournisseur clé de l’Union européenne en gaz naturel, que ce soit pour le gaz sec ou pour le gaz liquéfié dont l’Italie demeure la principale destination pour le gaz sec algérien. Globalement, les exportations gazières de l’Algérie vers l’Union européenne durant les neuf mois de l’année en cours restent stables par rapport aux années précédentes avec un léger recul qui s’explique d’une part par la baisse de la demande sur le gaz naturel dans le Vieux Continent et les travaux de maintenance de la plus grande unité de liquéfaction du pays au début de l’année 2025. En se référant à l’analyse du groupe de réflexion européen, le dernier trimestre de chaque année est marqué par une augmentation des volumes des exportations. Une situation qui s’explique par la croissance de la demande sur ce combustible à l’approche de la saison hivernale où les expéditions algériennes de gaz naturel sont presque identiques durant les trois dernières années, soit une moyenne de 11 milliards m³.
Sur l’année, les exportations du pays en gaz naturel ne seraient pas désormais marquées par une forte baisse par rapport aux années précédentes où le volume des exportations était de 41,3 milliards m³ en 2024 et 43 milliards m³ en 2023. Par ailleurs, les perspectives des exportations en 2026 devront être meilleures avec l’entrée en lice de l’Allemagne qui s’approvisionne en gaz algérien à partir de 2026 avec un volume d’environ 4 milliards m³ par an. Une manière d’accompagner les efforts que le pays continue à fournir pour améliorer sa production à travers des projets de développement et d’exploration de nouveaux champs gaziers. Il s’agit d’un passage obligatoire à emprunter pour continuer à jouer un rôle clé sur un marché européen en pleine reconfiguration, marquée par l’arrivée en force de nouveaux acteurs qui cherchent désormais à glaner plus de parts.
L’Italie s’accapare la part du lion
Vers l’Italie, principal client européen, l’Algérie a exporté via le gazoduc Transmed un volume de près de 14,5 milliards de m³, durant les huit premiers mois de l’année en cours, soit une part de marché de 35,5 %, selon le dernier rapport du ministère italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique. Le pays devrait exploiter davantage ses atouts stratégiques, les infrastructures de transport, en particulier les deux gazoducs Transmed et Medgaz et le renforcement de ses capacités de production de gaz liquéfié dans les années à venir pour suivre l’évolution du marché gazier international européen, en particulier. Le gaz algérien transite principalement par le gazoduc Transmed Enrico Mattei, reliant le champ de Hassi R’mel à Mazara del Vallo en Italie depuis 1983, un axe crucial et l’une des infrastructures énergétiques les plus importantes de la région. L’Algérie se positionne désormais comme le deuxième fournisseur majeur de l’Italie, après la réduction des importations en provenance de Russie, et représente environ 30 % des importations italiennes de gaz. En 2022, l’Italie a signé un accord pour augmenter de 40 % ses importations de gaz algérien, et l’Union européenne considère désormais l’Algérie comme une source prioritaire pour diversifier ses approvisionnements énergétiques. Les projets futurs incluent l’extension du gazoduc transméditerranéen à 40 milliards de m³ par an et l’étude d’un gazoduc direct Algérie-Sicile, intégré à une infrastructure prête à transporter de l’hydrogène vert produit à partir des projets solaires et éoliens algériens.
Dans le domaine du gaz naturel liquéfié, les exportations algériennes vers l’Italie ont atteint 0,47 million de tonnes au troisième trimestre 2025, contre 0,23 million de tonnes au même trimestre de 2024, et 0,61 million de tonnes sur la première moitié de l’année.
M.T.
