À l’ère du numérique, les données sont devenues la nouvelle richesse mais aussi des armes…à double tranchant.
Le cyberespace est devenu un nouveau milieu militaire. Et c’est un euphémisme que dire que les géants, qui détiennent des réseaux de câbles sous-marins, des plateformes de services mondialement utilisées et une masse importante de données, développent aujourd’hui de véritables stratégies d’expansion territoriale.
Leur omniprésence a engendré des rapports de dépendance inquiétants qui, avec le temps, deviennent un moyen de pression ou de négociation auprès des États. Les enjeux sont considérables, et les difficultés restent présentes. Aussi, dans un monde de plus en plus connecté, la souveraineté numérique émerge comme un impératif pour les nations cherchant à protéger leurs données, à renforcer leur gouvernance et à favoriser une croissance économique autonome.
Héberger les données sur le territoire national, c’est garantir la maîtrise et la sécurité des informations sensibles. En effet, lorsque les données d’un pays sont stockées à l’étranger, elles dépendent des législations et infrastructures d’autres nations.
L’importance de la souveraineté numérique en Algérie
En Algérie, la localisation des données sensibles constitue un rempart essentiel contre les menaces cybernétiques. Lors de sa dernière réunion hebdomadaire, le Gouvernement a poursuivi l’examen des projets inscrits dans le cadre de la mise en œuvre des instructions du président de la République relatives à la concrétisation de la transformation numérique.
L’un des points examiné a trait au projet de réalisation du 2e data center national, en cours de finalisation, mais déjà mis en service le 26 septembre dernier dans la wilaya de Blida, après celui d’Alger, dans le cadre du projet de réalisation d’un Centre national algérien des services numériques. Un projet découlant d’un accord signé en avril 2024 entre le Haut-commissariat à la Numérisation (HCN) et le consortium Huawei.
Dans ce contexte, le rôle de Huawe se limite pas à la réalisation des infrastructures, puisqu’il inclut également le transfert de technologie et la mise en place d’un environnement technique capable de répondre aux exigences d’un État souverain en matière de données. En effet, le partenariat entre l’Algérie et Huawei, porte également sur le domaine de la formation des cadres chargés de la gestion des systèmes numériques, mais aussi sur le transfert de technologies. En parallèle, le gouvernement prépare le lancement de la plateforme nationale des services numériques, baptisée Dzair Services.
Une plateforme appelée à regrouper les différentes plateformes de services existantes afin d’en faciliter l’accès. Ce qui permet de créer des systèmes de sauvegarde et de redondance en cas de panne, cyberattaque ou catastrophe naturelle, tout en assurant la continuité des services essentiels (banques, hôpitaux, services publics).
Un projet inscrit dans la continuité de la Stratégie nationale de transformation numérique 2025–2030, dévoilée en mai 2025. Ce plan, structuré autour de sept axes majeurs, vise notamment à développer les infrastructures numériques, renforcer la cybersécurité et consolider la souveraineté technologique du pays.
Il ambitionne également de faire du numérique un levier de croissance économique, en soutenant la formation, l’innovation et la création d’emplois qualifiés.
Un rempart aux menaces cybernétiques
Au-delà de la simplification administrative, ouvrant la voie à une gouvernance transparente et à une économie numérique florissante. ces initiatives s’inscrivent dans une logique qui dépasse la simple modernisation de l’administration.
La localisation des données sensibles en Algérie constitue un rempart essentiel contre les menaces cybernétiques. En hébergeant les informations localement, le pays renforce la sécurité de ses données, minimisant ainsi les risques de piratage et protégeant la vie privée des citoyens. Cette approche non seulement assure la confidentialité des informations mais également instaure un climat de confiance crucial pour favoriser l’adoption des services numériques.
Une approche devant contribuer à la réduction de la dépendance envers des fournisseurs étrangers, tout en stimulant ainsi la croissance économique du pays. En somme, plus qu’un enjeu technique, c’est un enjeu de souveraineté, de sécurité et de compétitivité.
Avec une stratégie claire, une énergie fiable et une formation adaptée, l’Algérie peut sécuriser ses propres données tout en attirant de nouveaux investissements. En favorisant la sécurité des données, la transparence gouvernementale, l’innovation locale et la confiance numérique, l’Algérie pose les fondements d’une nation numériquement souveraine et tournée vers l’avenir.
Badis B.
