Avec une stratégie nationale ambitieuse, le pays se positionne désormais parmi les leaders africains du numérique et prépare l’avenir d’une économie digitale intégrée.
« L’Algérie avance aujourd’hui à pas sûrs vers l’économie numérique, portée par une volonté politique affirmée et par la généralisation progressive du paiement électronique », a déclaré hier, Wahiba Zaknoune, sous-directrice du commerce électronique au ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, lors de son intervention dans l’émission « l’Invité du matin » sur la Chaîne I de la Radio nationale.
Une volonté politique affirmée
Entre 2024 et 2025, le commerce électronique en Algérie a enregistré une hausse de 50 %, tant au niveau des transactions électroniques basées sur le paiement électronique que dans le développement des infrastructures technologiques et des services logistiques. Cette progression confirme l’ancrage progressif de l’économie numérique dans le tissu économique national, a-t-elle affirmé.
Selon Wahiba Zaknoune, cette dynamique s’inscrit directement dans les conclusions du Conseil des ministres, qui traduisent une volonté politique forte en faveur de la transformation numérique. Les efforts de l’État ont permis de poser des bases solides pour une transition numérique structurée et durable.
La sous-directrice a cité le Salon national du commerce comme une illustration concrète de cette dynamique.
Des classements internationaux révélateurs
Dans le même contexte, Mme Zeknoun a révélé que le volume du commerce électronique en Algérie a atteint environ 1,9 milliard de dollars en 2023, avec un taux de croissance de 0,8 %, selon une étude documentée réalisée par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), qui a mis en évidence le niveau de progrès accompli dans ce domaine. Les avancées algériennes ont été consacrées à l’échelle internationale. En juin 2025, lors du Sommet mondial de l’entrepreneuriat aux États-Unis, l’Algérie a été classée première mondiale comme meilleur catalyseur de l’environnement entrepreneurial pour la même année, consacrant ainsi les réformes engagées.
Les progrès du commerce électronique sont également attestés par les classements internationaux.
Une adhésion massive des commerçants
Wahiba Zaknoune a mis en exergue l’adhésion croissante des commerçants à ce mode de paiement. Entre 2020 et 2024, plus de 92 % des commerçants ont intégré le commerce électronique, désormais perçu comme une extension naturelle du commerce classique.
Le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national élabore actuellement une stratégie nationale du commerce électronique, en coordination avec les ministères concernés, les organismes publics, les opérateurs économiques et les associations de protection des consommateurs. Cette stratégie repose sur l’actualisation du cadre juridique, le renforcement des infrastructures et l’adaptation des programmes de formation.
Généralisation du paiement électronique
Depuis la loi de finances 2018, l’État a mis en place une démarche progressive visant à généraliser l’usage des moyens de paiement électronique, notamment dans les établissements publics en contact direct avec le citoyen. Le Centre national du registre du commerce a été pionnier dès 2020, en proposant des réductions pouvant atteindre 20 % aux commerçants utilisant le paiement électronique.
Une nouvelle phase, lancée début 2024, a été marquée par de vastes campagnes de sensibilisation. Plus de 180 000 actions ont été menées à travers des campagnes médiatiques, des émissions radiophoniques et plus de 150 journées de sensibilisation, ciblant commerçants et consommateurs.
Aucune commission à la charge des utilisateurs
La sous-directrice a tenu à rassurer que «conformément aux articles 140 et 141 de la loi de finances 2025, l’utilisation des moyens de paiement électronique ne donne lieu à aucune commission, ni pour le commerçant ni pour le consommateur.» Les frais sont entièrement pris en charge par l’État afin d’encourager leur adoption.
Sécurité et confiance au cœur des transactions
Les cartes électroniques se déclinent en cartes à usage national, telles que la carte Edahabia et la carte CIB, et en cartes à usage international, comme Visa. Les terminaux de paiement électronique (TPE) sont soumis à des contrôles rigoureux avant leur mise en service, garantissant leur conformité aux normes techniques et de sécurité.
Un appel a été lancé aux commerçants afin de se rapprocher des banques pour acquérir les terminaux de paiement électronique au vu de leur disponibilité.
Wahiba Zaknoune a insisté sur la sécurité des opérations électroniques. Les cartes respectent les normes internationales, notamment la norme PCI DSS (la norme de sécurité de l’industrie des cartes de paiement), tandis que les systèmes d’information répondent à la norme RNSI (référentiel national de sécurité de l’information). Le respect des règles de sécurité par les utilisateurs demeure un élément clé pour garantir la fiabilité des transactions.
K.Z.
