En accueillant ce rendez-vous panafricain, l’Algérie confirme son rôle central dans la défense de la dignité, de la mémoire et des droits des peuples du continent.
L’Algérie accueillera dimanche et lundi prochains la Conférence internationale sur les crimes du colonialisme en Afrique, un rendez-vous majeur décidé lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine en février dernier.
Cette rencontre concrétise l’initiative du Président Abdelmadjid Tebboune, engagée dans le cadre du thème continental de 2025 — « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers la réparation ».
Portée par son propre vécu historique et par un tribut humain et culturel parmi les plus lourds du continent, l’Algérie défend depuis l’indépendance la dignité des peuples africains et la reconnaissance des violences structurelles héritées du colonialisme. À travers ce sommet, elle entend élargir l’effort panafricain visant à faire reconnaître la colonisation, l’esclavage et l’apartheid comme crimes contre l’humanité, conformément aux orientations de l’Union africaine.
La conférence réunira des ministres, juristes, historiens et experts venus d’Afrique, de la Caraïbe, d’Amérique latine et d’Europe, afin de bâtir une position africaine unifiée sur la justice historique, la restitution des biens culturels spoliés et les mécanismes de réparation à long terme.
Les travaux aborderont les traumatismes intergénérationnels encore perceptibles, les destructions du patrimoine culturel, les pillages et transferts massifs de richesses, ainsi que l’héritage économique inégal et les impacts environnementaux, notamment ceux des essais nucléaires français dans le Sahara algérien entre 1960 et 1966.
Les participants examineront également les pistes juridiques menant à la création d’un mécanisme africain permanent de réparation et de préservation de la mémoire. Pays hôte, l’Algérie vise l’adoption d’un texte fondateur — « l’Appel d’Alger » — qui deviendrait une référence continentale pour la reconnaissance internationale des crimes coloniaux et la mise en place d’une stratégie africaine de justice et de restitution. Le document sera présenté au prochain sommet de l’Union africaine en 2026.
En initiant cette dynamique, l’Algérie confirme son rôle moteur au sein du continent et son engagement constant aux côtés des peuples africains dans leur quête de dignité, de souveraineté et de réparation.
S. Méhalla
