Plusieurs fois engagée, la réhabilitation complète de la Casbah, véritable joyau architectural, est aujourd’hui au cœur des préoccupations du ministre et wali d’Alger, Abdenour Rabehi.
Ce dernier a effectué, lundi, une visite d’inspection des chantiers de restauration en cours dans plusieurs monuments et palais emblématiques. La tournée a concerné notamment le palais Hassan Pacha, Dar Essoltane (Dar El Casbah), l’ancien siège de la circonscription administrative de Bab El Oued, le palais Ahmed Pacha, la mosquée Ali Betchine ainsi que Dar El Hamra.
Rabehi a également insisté sur l’aménagement des axes et des façades des bâtiments avoisinants, l’étude de la récupération des bâtisses inoccupées pour les transformer en espaces ouverts, ainsi que sur la possibilité d’installer des ascenseurs dans les palais afin de faciliter l’accès aux personnes à mobilité réduite et aux personnes âgées.
Haut lieu de la lutte contre le colonialisme
Les musées de La Casbah, ainsi que les monuments historiques et religieux situés dans le même secteur sauvegardéremontent à l’époque ottomane. Bien qu’elle soit un élément historique majeur de l’histoire de l’Algérie, La Casbah d’Alger a frôlé la dégradation.
Les multiples tentatives de réhabilitation, menées à grand renfort de milliards de DA depuis des décennies, n’ont pas réussi à éviter la décrépitude. En 2018, l’architecte allemand Armin Dürr, membre d’une équipe chargée à la fin des années 1980 de l’étude pour la restauration de la vieille médina, a révélé que la reconstruction de la ville de Nuremberg (Allemagne), presque entièrement détruite lors de la Seconde Guerre mondiale, a coûté moins cher que la restauration de La Casbah.
L’architecte a fait cette déclaration lors de son intervention à la réunion internationale sur la conservation et la revitalisation de La Casbah d’Alger, organisée à l’hôtel El Aurassi. Selon lui, «la reconstruction de Nuremberg, une ville détruite à plus de 80% pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a pris vingt ans, a nécessité beaucoup moins de moyens financiers que ceux engagés par l’Algérie pour la réhabilitation de La Casbah d’Alger». Il a également regretté que le projet de restauration d’Alger, lancé il y a plus de 30 ans, soit encore dans les cartons malgré les moyens humains et financiers dont dispose l’Algérie.
Réhabilitation de la citadelle : parcours semé d’embûches
Où en sommes-nous aujourd’hui avec le plan du secteur sauvegardé, les opérations interminables de relogement, les travaux de restauration et les comités mis en place à cet effet ?
La Casbah d’Alger n’a jamais cessé de figurer parmi les préoccupations des pouvoirs publics. Cependant, les actions menées durant les années 1970 et 1980 restent relativement timides, les moyens alloués étant modestes, à l’exception notable de la restauration du Bastion 23 en partenariat avec les Italiens.
Il existe, cependant, un dysfonctionnement persistant qui laisse planer des interrogations, notamment sur les raisons de la persistance de cette situation, qui semble ne pas avoir de solution à court terme, à moins d’une décision radicale.
Les défis actuels
Le projet de réhabilitation de La Casbah d’Alger est aujourd’hui menacé par plusieurs dangers. La Casbah se distingue par son architecture islamique et traditionnelle datant du XVIᵉ siècle. Elle est composée de ruelles, de mosquées, de hammams et de souks. Ce patrimoine urbain témoigne de l’histoire glorieuse de l’Algérie et des différentes dynasties qui se sont succédé.
La médina couvre une superficie de 105 000 hectares et compte environ 40 000 habitants. Les opérations de restauration de la citadelle ont commencé dès l’indépendance, en 1962. Toutefois, ces restaurations ont été à plusieurs reprises entravées par des problèmes financiers, techniques ou même juridiques, la complexité étant renforcée par la gestion des propriétés privées, représentant 80% du bâti.
Haut lieu de la bataille d’Alger, ce patrimoine culturel est l’un des plus célèbres d’Alger.
H. Adryen
