Le nouvel ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Khatri Addouh, a indiqué, hier au Forum Echaab, que «la lutte pour l’indépendance du peuple sahraoui se poursuit et ne s’arrêtera qu’avec la tenue d’un référendum par les urnes, par lequel le peuple sahraoui décidera de son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance». «Le peuple sahraoui qui a consenti de grands sacrifices pour libérer sa terre n’abandonnera pas sa résistance, sous quelque pression ou circonstance que ce soit, jusqu’à la réalisation de l’objectif ultime de la liberté et de l’indépendance», a souligné Khatri Addouh qui soutient mordicus que «la seule solution à la question sahraouie passe par la mise en œuvre de la légitimité onusienne», relevant la nécessité de poursuivre l’action politique et diplomatique à grande échelle pour soutenir les Sahraouis et leur permettre d’accéder à l’indépendance».
Tout en soulignant que «personne ne peut accorder la souveraineté sahraouie à l’occupant marocain», le chef de la diplomatie sahraouie en Algérie a justifié ses propos en affirmant que «le peuple sahraoui est le propriétaire exclusif de la souveraineté sur sa terre». Interrogé sur le rôle dévolu à la Minurso dans la région et les entraves qu’elle rencontre pour porter haut et fort la voix du peule sahraoui, l’invité du Forum a indiqué : « Aujourd’hui, la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental est présente, mais elle reste silencieuse malgré une reconnaissance internationale claire, appuyée par des décisions de tribunaux internationaux, africains et européens, tandis que le pillage systématique des ressources naturelles sahraouies se poursuit». Et de rappeler que «l’accord de 1991, prévoyant l’organisation d’un référendum d’autodétermination, n’a toujours pas été mis en œuvre. Il est systématiquement entravé par les manœuvres marocaines et la complaisance de certaines puissances influentes au sein du Conseil de sécurité, particulièrement la France». Et de poursuivre en indiquant que «a seule issue à ce conflit qui dure depuis un demi siècle est la solution démocratique conforme à la légitimité internationale qui reconnaît le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance», rejetant, de facto, «les revendications de souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental».
Face aux manœuvres de l’occupant marocain qui ne fait que tergiverser face à la légitimité internationale, l’ambassadeur Khatri Addouh a souligné que «la lutte du peuple sahraoui depuis un demi-siècle a déjoué toutes les conspirations et a mis à nu la tromperie du régime du Makhzen qui s’est aligné ouvertement sur l’entité sioniste, malgré les massacres perpétrés par cette dernière contre le peuple palestinien». Dans le même contexte, le diplomate sahraoui qui a mis en exergue « la désillusion du Makhzen, après l’échec de toutes ses tentatives visant à obtenir une reconnaissance à grande échelle de sa prétendue souveraineté sur le Sahara occidental, l’explique par «la résistance du peuple sahraoui pour défendre la justesse de sa cause et arracher son droit à l’autodétermination et à l’indépendance». C’est pourquoi, selon l’ambassadeur de la RASD : « Notre priorité est de contrer les tentatives du Maroc visant à imposer des solutions unilatérales, notamment le projet dit d’autonomie, qui ne repose sur aucune base ni fondement juridique international». «Nous travaillons à renforcer la présence de la République sahraouie en tant qu’acteur juridique et politique reconnu, tout en poursuivant nos efforts diplomatiques pour mobiliser le soutien en faveur d’un référendum libre, sous l’égide des Nations unies», a-t-il soutenu. Car pour le responsable sahraoui : «La question sahraouie reste avant tout une affaire de décolonisation, comme le consacrent le droit international et la Charte des Nations unies et le peuple sahraoui ne demande qu’à jouir pleinement et irrévocablement du droit à l’autodétermination».
En guise de conclusion, l’ambassadeur de la RASD en Algérie, Khatri Addouh, a soutenu face aux représentants des médias présents, que «Cinquante années se sont écoulées depuis l’occupation marocaine du Sahara occidental, sans jamais entamer la détermination du peuple sahraoui, qui demeure un symbole de résistance et de résilience».
Ferhat Zafane
