La révision des listes électorales a débuté le 20 octobre 2025 et se poursuivra jusqu’au 18 novembre 2025, une phase que le président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Karim Khelfane, a qualifiée d’ «étape fondamentale» dans le calendrier électoral.
S’exprimant sur les ondes de la radio nationale, Karim Khelfane a souligné l’enthousiasme manifeste des jeunes dès le premier jour de la révision. Qu’il s’agisse de l’inscription à distance via la plateforme électronique dédiée, mise en place par l’ANIE, ou des déplacements vers les commissions communales, l’intérêt est palpable.
« Ce niveau de participation est, pour l’Autorité, un indicateur positif du succès de la campagne de sensibilisation, organisée en partenariat avec divers acteurs », a-t-il expliqué. Cette campagne, lancée sous le slogan : «L’inscription sur les listes électorales, votre voie vers la participation à la vie politique… Inscrivez-vous et participez», comprend un panel d’actions allant de l’envoi de SMS à la production d’un court-métrage en arabe et amazigh, en passant par des émissions télévisées, radiophoniques, rencontres publiques et visites de terrain.
Karim Khelfane se veut optimiste quant à la suite du processus : « Nous nous attendons à une réponse encore plus favorable dans les jours à venir, notamment grâce à l’intensification des visites de terrain, menées en collaboration avec la société civile, les organisations estudiantines et l’Observatoire national de la société civile. Ces actions se déploient dans les universités, cités universitaires, mosquées, zaouïas, ainsi qu’auprès de la diaspora à l’étranger».
Appel à la jeunesse
Sur le plan technique, l’ANIE prépare ce processus depuis juillet dernier, en mobilisant ressources humaines et matérielles, en coordination avec plusieurs ministères clés (Intérieur, Justice, Affaires étrangères). La modernisation et la fiabilisation de la base de données électorale sont assurées grâce à l’intégration des nouvelles technologies, un effort constant depuis la numérisation lancée en 2019. « Cette numérisation a renforcé la transparence et la précision, mais nécessite une mise à jour continue », a-t-il rappelé.
Consciente de l’importance d’impliquer la jeunesse, l’ANIE a déployé une vaste campagne de sensibilisation avec des organisations étudiantes, les médias audiovisuels, ainsi que des mosquées et associations religieuses. Des SMS, affiches multilingues et sessions de formation complètent ce dispositif. « La jeunesse est le pilier de notre démocratie. Elle doit s’impliquer dès maintenant », a insisté le président par intérim.
Renforcement des bureaux itinérants
Enfin, pour répondre aux spécificités géographiques, l’ANIE prévoit de renforcer les bureaux itinérants dans les zones isolées et nomades, en partenariat avec la société civile rencontrée dans le Sud du pays.
Alors que les élections locales sont attendues en 2026, Karim Khelfane a rappelé que l’ANIE demeure en alerte permanente, en attente de la convocation officielle du corps électoral par le Président de la République. « Depuis 2019, nous avons organisé tous types de scrutins : présidentielles, législatives, locales, référendums. Ce capital d’expérience nous permet d’aborder chaque rendez-vous avec plus d’efficacité », a-t-il affirmé.
Interrogé sur les pratiques électorales passées, le président par intérim s’est montré catégorique : « L’époque de la fraude massive est révolue. Nous travaillons dans le respect strict de la loi et avec une ouverture totale sur la société civile».
Réforme de la loi électorale
Toutefois, conscient des défis à venir, Karim Khelfane n’a pas exclu la possibilité de réformes techniques de la loi électorale pour mieux s’adapter aux évolutions sociales et technologiques. « Toute loi est perfectible. Ce n’est pas propre à l’Algérie. Mais les lacunes ne doivent jamais servir d’excuse pour ne pas viser l’excellence », a-t-il précisé.
Le lancement officiel de la campagne a eu lieu à Tamanrasset, symboliquement choisi pour son éloignement géographique, afin de signifier que « personne ne doit être exclu du processus démocratique ». Il a insisté sur le fait que la révision des listes électorales dépasse le simple cadre administratif pour constituer « le socle de toute participation politique ».
À travers les 1 541 communes du pays, des commissions communales, présidées par des magistrats, ont été mobilisées pour superviser ces opérations. Karim Khelfane a également souligné l’importance des représentations diplomatiques à l’étranger, rappelant que plus de 865 000 électeurs algériens résident hors du territoire national.
Islam K.
