«La mémoire environnementale est indissociable de la mémoire nationale». C’est ce qu’a affirmé, hier au Cercle national de l’Armée, la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouthar Krikou, à l’ouverture des travaux du colloque national consacré au thème : «Les impacts environnementaux de la colonisation en Afrique : vérités historiques et séquelles écologiques, le cas de l’Algérie».
Cette rencontre a réuni le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherift, la secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères chargée des Affaires africaines, Selma Bakhta Mansouri, ainsi qu’un large panel de moudjahidine, de chercheurs et d’historiens algériens et étrangers.
Poursuivant son intervention, Kaouthar Krikou a révélé qu’une commission interministérielle sera prochainement mise en place «afin de dresser l’inventaire détaillé des atrocités commises par le colonisateur», soulignant qu’en Algérie, «la colonisation française n’a pas seulement spolié les hommes, elle a également ravagé la nature».
Plus explicitement, la ministre a rappelé que «la colonisation française en Algérie a laissé des traces profondes, non seulement sur les populations humaines, mais aussi sur l’environnement. C’est l’écosystème algérien dans son ensemble qui a subi un véritable pillage».
Elle a ajouté que «les effets du colonialisme français sur l’environnement en Algérie demeurent visibles et que le pays continue de lutter contre les conséquences de la déforestation, de la pollution et de l’exploitation excessive des ressources naturelles».
Selon Kaouthar Krikou, ces effets ne se sont pas limités à la dégradation de la nature, mais ont également eu des répercussions graves sur la santé des populations locales. Elle a rappelé que «les habitants ont été exposés à des substances toxiques, entraînant des pathologies telles que des cancers, des maladies respiratoires et des troubles neurologiques».
La ministre a, par ailleurs, salué les efforts de l’Armée nationale populaire (ANP), qui a honoré son engagement en procédant à la destruction totale des mines antipersonnel et à l’assainissement complet du territoire national. Une mission qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions de la Convention d’Ottawa et des missions fondamentales de l’institution militaire, notamment la protection des citoyens contre les bombes meurtrières implantées le long des lignes Challe et Morice.
F.Z.
