Le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saâdaoui, a clarifié, hier, plusieurs aspects essentiels concernant le recrutement des enseignants et la stratégie globale de son secteur, dans un contexte marqué par l’augmentation continue du nombre d’élèves et la nécessité d’assurer une scolarité de qualité et équitable pour tous.
S’agissant de l’intégration des enseignants contractuels, le ministre a rappelé que plus de 82 000 ont été intégrés en mars 2025, sur décision du Conseil des ministres et instruction du président de la République. Cette opération exceptionnelle, fondée sur le statut de la Fonction publique, répondait à l’absence de concours pour l’année scolaire 2024-2025 et visait à garantir le bon déroulement de la rentrée. Mohamed Seghir Saâdaoui, qui a été auditionné, par le commission de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et des affaires religieuses de l’APN, a souligné que le concours demeure le principe fondamental de recrutement dans la Fonction publique, et que les enseignants contractuels en poste peuvent désormais participer au concours organisé en décembre 2025, leur expérience professionnelle étant valorisée dans le barème général. Pour les recrutements actuels, des contrats temporaires non intégrables ont été mis en place afin de maintenir la continuité pédagogique tout en respectant la réglementation.
Consolidation de l’encadrement pédagogique
Dans le but d’améliorer la qualité de l’enseignement sur les plans pédagogique, organisationnel et infrastructurel, et de mettre en place une école de qualité, équitable et garantissant l’égalité des chances, le ministre de l’Éducation a présenté la stratégie de son département ainsi que son programme d’action pour les années à venir, s’inscrivant dans le cadre du plan d’action du gouvernement. Mohamed Seghir Saâdaoui a souligné que l’augmentation constante du nombre d’élèves impose la création de nouveaux postes budgétaires et le renforcement de l’encadrement pédagogique, tout en poursuivant la construction de nouvelles infrastructures scolaires. La carte scolaire nationale, élaborée avec rigueur, vise à assurer une répartition équilibrée des établissements et une utilisation optimale des ressources publiques.
Le ministre a également insisté sur l’importance de confier chaque matière à un enseignant titulaire d’un diplôme dans la spécialité concernée, avec des ajustements récents touchant des disciplines comme les sciences islamiques, l’anglais et l’éducation physique et sportive. L’ensemble de ces mesures vise à élever le niveau de l’enseignement et à garantir la qualité pédagogique. Chiffres à l’appui, le parc scolaire national comptait au 31 décembre 2025 un total de 30 308 établissements éducatifs, soit une hausse de 607 établissements en un an, tandis que le nombre d’enseignants a atteint 630 641 cadres pédagogiques.
Avancées socioprofessionnelles
Parallèlement, le ministre a mis en avant les avancées socioprofessionnelles introduites par le statut particulier des fonctionnaires de l’Éducation nationale, notamment la réduction du volume horaire des enseignants et la clarification de leurs missions. Des réformes des programmes scolaires ont également été engagées, incluant une réduction du nombre de matières en troisième année primaire, le renforcement des volumes horaires pour la langue arabe, l’histoire et l’anglais, ainsi que le passage de l’éducation physique à deux heures hebdomadaires. Le développement de la vie scolaire et des activités extrascolaires, scientifiques, culturelles et sportives constitue un autre axe prioritaire, avec l’organisation de concours nationaux pour stimuler la créativité des élèves.
Enfin, Mohamed Seghir Saâdaoui a souligné l’augmentation significative des investissements de l’État dans le secteur. L’enveloppe financière consacrée à la construction des établissements scolaires est passée de 67 milliards de dinars en 2025 à 150 milliards de dinars dans la loi de finances 2026, témoignant de la priorité accordée par les pouvoirs publics à l’éducation, au renforcement des compétences des enseignants et à l’amélioration des conditions d’apprentissage pour les élèves à travers tout le territoire national.
I.K
